Le premier jour des finales est aussi celui de la découverte de l’œuvre inédite que joueront les douze finalistes. Un imposé qui n’est plus fruit d’un concours comme par le passé, mais d’une commande : après le Suisse Michael Jarrell en 2015 le Concours a fait appel cette année au Wallon Claude Ledoux (1960), figure bien connue de la musique contemporaine belge et internationale, disciple de Ligeti et professeur, notamment, au Conservatoire de Paris.

Son œuvre s’appelle « A Butterfly’s Dream » (un rêve de papillon), référence pas à l’opéra de Puccini mais à un livre de la philosophie chinoise du IVe siècle qui s’interroge sur le rapport entre rêve et réalité. Occasion aussi pour Ledoux, féru de cultures orientales, de glisser dans sa partition quelques discrètes références aux musiques de l’Est lointain, ou en tout cas à la représentation qu’on peut en avoir ici.

Chargé de tester l’œuvre et d’en réaliser un premier enregistrement à destination de la presse, Jan Michiels, ancien lauréat du Concours, l’a travaillée en une semaine, comme les candidats : « C’est très difficile, mais c’est faisable. » précise-t-il. La partition est en effet éminemment virtuose, avec des effets qui peuvent évoquer les battements d’ailes de papillon mais qui, reconnaissent Ledoux, tiennent parfois plus de l’écriture pour violon que de celle pour piano.

Le compositeur insiste toutefois sur la part de liberté laissée à l’interprète : « La partition est extrêmement précise dans son écriture, mais tout en laissant une possibilité d’aller au-delà : les musiciens peuvent prendre leur propre tempo, voire même modifier certains éléments. Je voulais une œuvre où chacun puisse apporter sa propre individualité et sa propre part d’émotion. » Deux grandes cadences, l’une dans la première moitié de l’œuvre et l’autre à la fin, seront les terrains naturels de cette autonomie.

A l’écoute, l’œuvre s’avère résolument contemporaine, mais avec des moments séducteurs : Ledoux revendique, non sans raison, une part de sensualité dans sa musique. (N.B.)