En complément, les prix du public de Musiq’3 et de Klara sont décernés à Ivan Karisna.

On ne peut pas s’extasier durant des semaines sur le niveau exceptionnel des candidats du premier concours Reine Elisabeth dédié au violoncelle, se réjouir, jour après jour, du bonheur de les écouter et de les réécouter, plaindre le jury d’avoir à départager d’aussi grands talents et, finalement, s’étonner de n’être pas (tout à fait) d’accord avec le palmarès final. Il est évident qu’au terme d’un parcours magnifique, Victor (le bien prénommé) Julien-Lafferrière a amplement mérité un premier prix, pour ne pas dire « le » premier prix ; car celui-ci aurait tout aussi bien pu être accordé à Ivan Karisna (5e prix), son exact opposé. D’un côté la maîtrise souveraine, au risque d’une impression de froideur, de l’autre, l’inspiration virevoltante, au risque de certaines imprécisions. En accordant leurs « prix du public » respectifs à Ivan Karisna, les auditeurs de Musiq’3 et de Klara ont, en quelque sorte, complété le palmarès officiel.

Les quatre autres finalistes classés – dans l’ordre : Yuya Okamoto, l’ange (Japon), Santiago Cañón-Valencia, le diamant noir (Colombie), Aurélien Pascal, l’architecte poète (France), et Brannon Cho, l’alchimiste (USA) – ont indiscutablement leur place dans le sextuor des élus.

Mais d’autres auraient pu s’y trouver, en particulier le cadet de la session, Maciej Kulakowski (Pologne), sans doute un peu rugueux mais audacieux, imaginatif et d’une stupéfiante autorité artistique, Bruno Philippe (France) qui signa un concerto de Dvorak d’une générosité, d’une ampleur et d’un engagement rarement rencontrés dans ce contexte, et Sihao He (Chine), si personnel et si juste dans toutes ses approches, à qui revint en outre de créer – avec subtilité, comme on put mieux s’en rendre compte rétrospectivement - "Sublimation", l’imposé de Toshio Hosokawa.

Mais c’était la toute première session violoncelle du Concours Reine Elisabeth et l’on peut penser que le « jury » - en définitive, une abstraction représentant la moyenne de 15 avis autorisés – a surtout voulu indiquer qu’à Bruxelles la barre était placée très haut et devait y rester. Les extraterrestres y trouveront sans doute leur consécration ultérieurement.

Enfin, on soulignera qu’à l’occasion de cette finale, le Brussels Philharmonic et son chef Stéphane De Nève, réussirent leur entrée non seulement dans les annales du Concours mais dans le cœur du public dont une large partie faisait enfin sa connaissance.


Le palmarès complet du Concours Reine Elisabeth:

Le Premier prix: Victor Julien-Laferrière

GRAND PRIX INTERNATIONAL REINE ELISABETH

Prix Reine Mathilde
25.000 EUR


Deuxième prix: Yuya Okamoto

PRIX DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL BELGE,
offert par la Politique scientifique fédérale - Prix Eugène Ysaÿe
20.000 EUR

Troisième prix: Santiago Cañón-Valencia

PRIX COMTE DE LAUNOIT
17.000 EUR

Quatrième prix: Aurélien Pascal

PRIX DES GOUVERNEMENTS COMMUNAUTAIRES DE BELGIQUE,
offert cette année par le Gouvernement de la Communauté germanophone
12.500 EUR

Cinquième prix: Ivan Karizna ( également honoré par le Prix du public Musiq3 - RTBF )

PRIX DE LA REGION DE BRUXELLES-CAPITALE
10.000 EUR

Sixième prix: Brannon Cho

PRIX DE LA VILLE DE BRUXELLES
8.000 EUR

Les 6 lauréats non-classés:

Sommes offertes par La Loterie Nationale
4.000 EUR


A retrouver in extenso dans le coffret du Concours – 4 CD - accessible à partir de ce 10 juin.

www.cmireb.be ou www.musiq3.be