Couleur Café: Sur les chapeaux de roues

Musique & Festivals

P.D.G

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Couleur Café: Sur les chapeaux de roues
© Alexis Haulot

Ambiance hip-hop pour démarrer l'édition 2008 de Couleur Café. A 18 h 30, sur un site qui commençait doucement à se remplir, le rappeur français Kery James donnait le coup d'envoi. Bête de scène, il a réussi à faire bouger le chapiteau "Univers". La soirée s'annonçait prometteuse...

Pour que ce concert soit estampillé "Couleur Café", on pouvait compter sur Kery James qui sait allier les rythmes lourds et des paroles qui se démarquent de la majorité de la production rap de France, en refusant les rébellions qui sonnent faux, pour préférer un volontarisme à toute épreuve. Soldat du rap depuis 1992, Kery James peut compter sur son pianiste lorsqu'il s'agit d'adoucir les propos, un exercice dans lequel il arrive également à éviter la mièvrerie.

Après avoir étalé la diversité des ambiances présentes sur son dernier album durant la première moitié du concert, le rappeur s'est ensuite surtout consacré à faire sauter sur place le public présent en enchaînant une suite de morceaux survitaminés. Une bonne introduction au second concert de la soirée : MC Solaar. Il y a encore quelques années, le premier rappeur à avoir popularisé ce style musical en France se serait retrouvé en tête d'affiche. Mais, comme il le chante lui-même, les temps changent et, une série d'albums moins pertinents aidant, le voilà contraint "d'ouvrir" la grande scène.

Le MC n'en prend pas ombrage et livre un best-of pêchu mais, malheureusement, saboté par une sono approximative. Sur ces entrefaites, le festival avait véritablement démarré. Plus du tout menacé par un ciel un moment menaçant, le site de Tour&Taxis commençait à bruisser d'une excitation partagée par un public jeune, venant fêter le début des vacances, et des adultes plus posés qui trouvent ici un des rares festivals dans lesquels ils peuvent encore se sentir à leur place. Transgénérationnel donc, mais aussi, et évidemment, transculturel lorsque les échos des fanfares de samba croisent le mélange de musique orientale, de ska, de reggae et de rock de l'Orchestre national de Barbès. Décidément, les années ont beau se répéter, cette saveur particulière qui fait le charme de Couleur Café ne s'estompe pas. Pour le plus grand plaisir d'un public qui voulait continuer la soirée en naviguant de la soul d'Erykah Badu à la moderne musique cubaine d'Orishas.

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