Ils ne sont pas très nombreux, mais heureux sont les festivaliers qui ont pris les chemins de traverse, vendredi soir à Couleur Café, pour se diriger vers la petite scène Move à 20h45. 

Qui se sont montrés curieux ou ont simplement voulu s'écarter des tonalités hip hop, reggae et electro dominant l'affiche. La découverte -et en l'occurrence notre premier coup de coeur du festival- se nomme Ester Rada. Israélienne d'origine éthiopienne, cette auteur-compositeur-interprète cultive des influences métissées : soul, funk, ethio-jazz, r&b... Peu importe l'étiquette, Ester Rada, qui vient de publier un premier album éponyme, marque d'abord les esprits par sa voix : profonde, souple, multiple, émouvante. Par l'énergie qu'elle offre sur scène, réellement connectée à son public. Par la qualité des cinq musiciens qui l'accompagnent et le temps qui est laissé, ici et là, aux seuls instruments, à l'un ou l'autre petit solo.

Quand Ester Rada reprend, magnifiquement, “Four Women” de Nina Simone (ce ne sera pas le seul emprunt à la chanteuse américaine), cela sonne d'autant moins faux qu'elle a grandi dans un milieu défavorisé, élevée par sa seule mère éthiopienne dans une implantation juive proche d'Hébron, dans un environnement très religieux dont elle a rapidement cherché à se détacher. En fin de set, c'est dans le répertoire de l'artiste éthiopien Muluken Melesse qu'elle puise (“Nanu Nanu Ney”). Voilà un concert qui déménage, ondule et groove joyeusement, grâce notamment au virevoltant tandem saxo-trombone. Une prestation généreuse qui trouve parfaitement sa place en festival.

Moins généreuses et profondes nous ont semblé les vibrations émises par le groupe de hip-hop Wu-Tang Clan, auquel manquaient certes plusieurs piliers, dont Method Man et RZA. Sentiment mitigé, également, à l'égard de la prestation (un peu foutraque), toutes en contorsions aguicheuses, de l'Amstellodamoise Pink Oculus.

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