Des artistes, nos journalistes... partagent une sidération artistique, une épiphanie culturelle, une révélation qui les a marqués, touchés au coeur.


Voici la contribution d'Achille Ridolfi, comédien, Magritte du meilleur espoir masculin (2014), dernièrement à l’affiche de Propaganda au National et Anti Héros (dont il est l’auteur) au TTO.

À la question de savoir ce que je voulais faire plus tard, l’enfant que j’étais y répondait très rapidement : devenir une star de la chanson. À l’époque, chaque découverte musicale sonnait comme un feu d’artifice, une éclatante révélation. J’avais l’intime conviction de construire un lien très fort avec tous ces chanteurs qui m’inspiraient. Une connexion émotionnelle presque rassurante.

Avec le temps, mes goûts musicaux ont continué à évoluer, je me suis intéressé à toute une série d’artistes, mais j’avoue avoir un peu perdu cette vibration propre à mon enfance. Il aura fallu quelques années pour pouvoir la retrouver. Car oui, j’ai eu la chance de la convoquer à nouveau grâce à cet artiste que je vous envoie avec toute ma tendresse, l’auteur-compositeur Joseph Chedid qui dans son dernier projet musical nous invite à retrouver notre Source, titre de son dernier album sorti en 2019.

J’y ai découvert une voix qui m’a profondément touché. Ce genre de voix complètement libre, qui ose raconter ses fragilités. Et qui, dans sa singularité, arrive à trouver un point d’ancrage. J’y ai entendu des mélodies et des textes magnifiques. Des mots qui, en plus de nourrir mon imaginaire, m’ont donné la sensation qu’ils étaient là pour raconter mon histoire. Avoir la force d’être soi-même. Oser se raconter. Construire un monde qui nous ressemble et nous inspire.

Des thématiques personnelles que Joseph Chedid nous raconte avec douceur et intensité. Et qui ont eu un écho très fort avec mon parcours d’acteur.

Il est de ces artistes qui nous transforment, nous interpellent, nous déplacent. Il est de ces artistes qui nous invitent à aller au plus près de soi. Chacune de ses chansons est une porte. À nous de les ouvrir ou pas. Pour ma part, j’ai décidé d’en ouvrir quelques-unes. Et j’en ai retenu qu’on peut "tout reconstruire, tout recommencer. Que leurs richesses sont obscures et fictives. Qu’ils n’arrivent jamais en haut des pyramides. Mais que toi tu le peux. Qu’il faut encore tout éclairer. Réinventer l’Humanité."