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Cherchez le garçon, trouvez son nom" : difficile de passer à côté de ce refrain qui, en plein mouvement new wave, s’invitait, en français - une nouveauté -, dans les années 80, sur les pistes de danse. Taxi Girl, dont Daniel Darc était le leader, allait connaître un immense succès en France. Tout arrive très - trop - vite. Les démons intérieurs ne sont jamais loin. Daniel Darc était un artiste sur le fil. Il a été retrouvé mort jeudi 28 février à 53 ans par son producteur dans son appartement parisien. Excès d’alcool et de médicaments, comme tant d’autres, avant lui.

Pourtant, on y croyait. Il y eut le retour, la renaissance même. C’était en 2004. Après dix ans d’absence, Daniel Darc publiait l’album "Crève-cœur", touchant et magnifique, fruit de la rencontre avec le compositeur-arrangeur Frédéric Lo. l’un des meilleurs albums de cette année-là (environ 60 000 ventes), ce qui lui avait valu à 45 ans une Victoire de la musique de l’album révélation de l’année.

Auparavant, le nom de Daniel Darc était déjà réapparu à la surface du monde, par le biais de la "Star Academy", avec la reprise de ce fameux "Cherchez le garçon". Fin 2003, il y eut "Rouge rose", le texte écrit pour Dani par l’ancien dandy punk. Pour remonter encore plus loin, son album "Nijinsky" datait de 1994. Autant de signaux pour rappeler, par bribes, l’existence de Daniel Rozoum, égaré plus souvent qu’à son tour dans les méandres de la dope et de l’alcool.

Retour d’enfer

"D.D." arborait, tatouages y compris, l’allure du parfait survivant, revenu de cet enfer moderne qui lui a, des années durant, arraché l’esprit. Sans affecter le moins du monde ses facultés d’écriture, sublimées, donc, dans les douze titres de "Crève-cœur", disque né d’une rupture amoureuse et d’une rencontre. Celle, miraculeuse, comme relaté plus haut, du musicien français Frédéric Lo, véritable artisan du retour, à l’époque, de Darc aux affaires. En 2007, il y eut une confirmation, non moins belle. "Amours suprêmes", opus d’un poète écorché alors marqué par le décès de proches, d’un rescapé s’agrippant fermement à la musique et à la vie. Et puis il y eut encore l'album "La taille de mon âme", fin 2011, tout aussi poignant. Il s'en dégageait un parfum de liberté; une forme d'apaisement.

Alors que les années 2010 sonnaient l’heure du revival 80’s, ils étaient nombreux à se revendiquer de cette icône des années post-punk. Ainsi de Aline ou Berry, qu’on rencontrait en novembre 2012, et qui avait effectué quelques premières parties de Daniel Darc. Ce dernier lui avait écrit le titre éponyme de son album "Les passagers", sur un air d’Iggy Pop. "Cela a donné le titre de l’album parce que cela reflète exactement ce que j’ai voulu dire dans mes chansons. Cette urgence, cette sensation d’être sur le fil." En voilà deux qui se comprenaient.