Deep in the Woods, classe verte musicale

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Le rendez-vous est désormais pris chaque premier week-end de septembre. À l’heure où les bambins reprendront plein d’entrain le chemin de l’école, leurs aînés mélomanes s’enfonceront dans les bois ardennais pour deux jours et deux nuits de notes. Partir Deep in the Woods, loin du bitume et des embouteillages, pour un parcours de rencontres et de découvertes que les initiateurs de ce projet tout neuf envisagent comme un retour "aux racines de l’expérience musicale". Une brochette d’habitués du secteur, qui voulaient secouer le cocotier - ou en l’occurrence un grand conifère - et proposer une alternative aux grands messes rock gargantuesques déjà organisés sous nos latitudes. Loin du marketing agressif, des files interminables et des services de sécurité oppressants. Une sorte de classe verte version cours de musique, sans flûte ni fausse note mais avec un bol d’air en prime. Pour ce pari un peu osé, nos gentils organisateurs ont choisi d’installer leurs quartiers au creux des collines de Heer-Sur-Meuse et plus précisément sur le site du centre de vacances de Massembre, à quelques encablures de Dinant et de la frontière française. Un domaine de 140 hectares qui n’accueillera que 700 festivaliers prompts à obtenir un sésame, qui dormiront sur lits superposés ou en chambre confort en fonction de leur porte-monnaie. Et comme l’on ne peut décemment pas se nourrir de musique et d’eau fraîche, se régaleront de délices du cru au restaurant ou au détour des stands.

Si les plus sceptiques d’entre-vous craignent déjà le feu de camp et les chansons paillardes, qu’ils se rassurent, car la programmation aussi fut concoctée avec soin et envie, façon artisanale. JtotheC et ses Bad Mothas - en qui certains voient une déclinaison flamande de Jamie Lidell - auront pour mission d’ouvrir le bal vendredi après-midi, avant de passer le relais à Black Belt Jones - ambianceur anversois au groove éclectique - en charge des platines au bar. Des débuts "dilettantes" et dansants. Samedi, on entrera dans le vif du sujet avec le folk délicat du Bony King en solo, Le Cotton Club Lillois et ses volutes psychés, les romances en orbite d’Intergalactic Lovers, la pop jaune orangée de Pale Grey, le violon et la voix qui porte de l’Américain Marques Toliver, et un set endiablé de DJ Kwak pour terminer. Puis dimanche, dans la foulée d’un grand brunch convivial, Funky Bompa et surtout la jolie Clare Louise concluront les échanges.

Enfin, au-delà des concerts, Deep in the Woods vous réservent quelques sympathiques bonus et à-côtés : une résidence de My Little Cheap Dictaphone, dont les membres tenteront sous vos yeux de trouver l’inspiration première de leur prochain opus; du cinéma, long (Battle for Brooklyn), court (Miramen), documentaire ou pour les têtes blondes présentes (avec le collectif Cinésoupe); des expos photos (Michael Galinsky, Khristine Gillard, Ulrike Biets) et des animations en compagnie des artistes, du scrabble à l’atelier couture en passant par l’initiation au scratch ou la lutherie sauvage. Vous avez dit dépaysement ?

Nicolas Capart

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