Ruoyu Huang, 27 ans, de nationalité chinoise, ouvre la soirée avec le Concerto n°21 de Mozart (deuxième de la journée), introduit pesamment par l'orchestre mais qu'il se charge d'alléger dès son entrée. Depuis le début du concours, le candidat s'est distingué par la beauté de son toucher, sa maîtrise technique et l'inventivité de son jeu. On notera qu'il joue Mozart pratiquement sans pédale ce qui n'empêche nullement un son rond et lumineux et un phrasé souple et bondissant, notamment dans une cadence de son invention, très réussie. En bonne entente avec ,l'orchestre, il offre un Andante comptant parmi les plus beaux et les mieux soutenus de la semaine avant un finale tonique à souhait, très rapide mais parfaitement conduit, avec, cette fois, une cadence de Murray Perahia. Excellent, de bout en bout.

Le troisième et dernière Concerto n°21 de la journée reviendra au Tchèque Lukas Vondracek, 29 ans, un des favoris de cette session. Et comme la simple écriture du divin Mozart ne parvient pas à occuper sa folle énergie, il s'affaire, entre les coups, à encourager l'orchestre, à trépigner ou à se balancer sur sa chaise... Sa partie n'en est pas moins très joliment menée, couronnée par une cadence maison à son image, volubile et fantasque. L'andante sera plus réservé, donné dans des sonorités délibérément feutrées, et le finale sera l'occasion pour le candidat de céder à son gout de la vitesse et du risque, avec une nouvelle cadence de son invention, cette fois jazzy et très amusante. Ovation prolongée...

Plongée dans le romantisme

Le premier récital de la soirée, donné par le Coréen Dongkyu Kim, 30 ans, ne comprendra que deux œuvres, "Tears of Lights", de Fiorini, et la Sonate de Liszt. Dans la première, sans renoncer à certains éclats tonitruants, le musicien privilégié la poésie et le mystère, proposant en quelques sorte un prélude à la seconde. Entreprise dans un tempo assez rapide, la sonate fit entendre la puissance de feu du candidat - parfois jusqu'à saturation- et son sens poétique, avec de ce côté, quelques très beaux moments, mais, globalement, une difficulté à maintenir la tension.

Après un imposé incisif et très personnel, le Japonais Atsushi Imada, 25 ans, se présente avec les "Variations symphoniques" de Schumann, à nouveau une grande arche à lancer et à faire tenir. L'énoncé du choral est déjà une merveille, par la beauté des sonorités et par son intériorité, prémisse d'un déroulement captivant, cultivé, doté d'une profonde unité.