Noël a, de tout temps et avec plus ou moins de bonheur, inspiré les artistes musicaux. Les plus grands noms ont chanté Noël, les plus petits et les plus décalés aussi. Petit florilège de Noël en chansons diverses, variées et souvent insoutenables.

All I Want for Christmas is you, Mariah Carey (1994)

A été élue chanson de Noël la plus énervante (en effet) dans un récent sondage et est l'une des plus vendues de l'histoire (de nouveau numéro 1 cette année aux Etats-Unis !). Entendue ad nauseam depuis sa sortie, à la radio, à la télé, dans les centres commerciaux. Le clip enchaîne les poncifs du genre : Mariah et Santa, Mariah en sexy Mère Noël, Mariah fait de la luge, Mariah secoue son cadeau emballé, Mariah nourrit un renne. Vous reprendrez bien une tranche de dinde ?


Il est né le divin enfant, Siouxsie and the Banshees (1982)

Quelle mouche a bien pu piquer le groupe gothique britannique, à oser cette reprise bien flippante d'un chant traditionnel chrétien de Noël ? Mention spéciale au jeune Robert Smith, futur leader de The Cure, aux cymbales, qui incarne (enfin, on dirait) un automate au regard fuyant. Si, en venant au monde, Jésus avait vu et entendu Siouxsie and the Banshees chanter ce morceau à sa gloire, nul doute qu'il se serait cru arrivé aux portes de l'Enfer.

Père Noël arrive ce soir, Céline Dion (1981)

Tiré de l’album "Céline Dion chante Noël" (autant faire simple), dont on adore la pochette, voici une improbable reprise de "Santa Claus is coming to town", mi-reggae mi-doo-wop. Oui oui, c’est possible. Mais seule Céline (même âgée de 13 ans seulement) pouvait y arriver.

Drummer Boy, Justin Bieber ft. Busta Rhymes (2011)

Justin Bieber a lui aussi massacré, pardon, chanté Noël sur tout un album. S’adjoignant les services du rappeur Busta Rhymes pour la "street credibility", il livre sa version siiiii moderne "L’enfant au tambour". Est-ce que ça se danse ? Et si oui, comment?

Noël sans Papa, Paulo De Domoy et la petite Carole (année indéterminée)

Très obscur et tourmenté chanteur réaliste du Nord de la France, Paulo de Domoy aimait les duos avec les petites filles, la sienne (Suzy) et ici Carole, qui chante très faux. "Noël sans Papa" est un drame puissant sur une jeune orpheline qui n’aura pas de cadeau car son père est mort. Un morceau idéal pour faire fuir les invités de la soirée de réveillon qui s’incrustent encore dans le canapé à 3h du matin.

Last Christmas, Wham ! (1984)

Décidément, Noël, ce n’est pas la fête pour tout le monde... Le pauvre George Michael (pré-coming out) s’épanche sur ses déboires sentimentaux dans une ambiance regards langoureux et tristes à la foi, moonboots-mais-manteau-de-laine-pour-rester-chic et bataille de boules de neige avec un brushing impeccable.

Merry Christmas (I don’t want to fight tonight), Ramones (1989)

Mais oui, même les punks (certes ramollis après des années d’excès en tout genre) ont aussi l’esprit de Noël. En deux minutes chrono, les Ramones prônent la paix des ménages le soir de Noël.

Do they know it’s Christmas ?, Band Aid (1984)

Bob Geldof a réuni tout le gratin de la pop music britannique pour récolter des fonds et lutter contre la famine en Éthiopie. Le résultat est une daube sans nom (Geldof le reconnaîtra des années plus tard) mais un carton plein financier puisque 12 millions d’exemplaires du 45 tours seront vendus. Les paroles sont ahurissantes d’occidentalo-centrisme ("Il ne neigera pas en Afrique ce Noël. Savent-ils seulement que c’est Noël ?") et dégoulinantes de mièvrerie ("La seule eau qui coule est la piqûre des larmes").

Fairytale of New York, The Pogues & Kirsty MacColl (1987)

Une ballade folk irlandaise bien tonique, sur un couple d’ivrognes qui rêve d’Amérique, idéale pour les fins de réveillons quand tout le monde a bien bu.

Joyeux Noël !, Max Boublil (2010)

Il n’est jamais trop tôt pour apprendre aux enfants les dures réalités de ce monde et le sordide envers du décor de Noël. Merci Max Boublil !