L e soleil s’endort sur Seychelles…", souffle Julien Doré dans son dernier single. Il en est de même sur Bruxelles. Cela fait même quelques semaines qu’il s’est assoupi dans la capitale, concédant toujours plus de terrain au froid automnal et à la grisaille. Pourtant, depuis plus d’une semaine, le dernier disque de l’intéressé teinte notre quotidien d’autant d’arcs-en-ciel dilués que de spectres diaphanes. Des beaux mots qui donnent chaud et illuminent les journées sombres comme l’essence colore les flaques d’eau.

En 2008 déjà, au lendemain du sacre Nouvelle Star et d’un premier "Ersatz" qui n’en serait pas un, nous pensions que le Doré était une valeur-refuge. Un chantre qui savait faire rimer élégance avec arrogance, jouer de son originalité sans trop se la raconter - ou alors juste ce qu’il faut. Cinq ans et deux albums plus tard, la crise est toujours là mais les dividendes pleuvent sur ceux qui ont cru en son talent. Aux côtés des Dominique A ou des Benjamin Biolay, dans le cercle très fermé des bons chanteurs français, le petit Julien Doré est devenu un grand. Sans barrette mais toujours fort de ses "crolettes", il entamait 12h de marathon-promotion à la RTL House mardi dernier. Et nous l’interceptions pour quelques bavardages à l’heure de la pause-café.

Au-delà du "Bichon" éponyme, on croisait déjà bien des bestioles sur le précédant album, des "BB Baleine" au "Bleu Canard". Le chanteur français fut même le premier à starifier un lama dans un clip ("Kiss Me Forever") - "J’étais un précurseur !" -, bien avant le récent cru bordelais. Pour ce chapitre trois, voilà que débarque l’animal-roi. Un jeune lion qui partage avec Doré la pochette et l’art de la crinière négligée-travaillée. "Celui-là s’est imposé à moi. Ce mot Løve - prononcez [luv] - avec le o barré que j’ai, comme tout le monde, d’abord lu comme Amour… Je n’ai appris que plus tard qu’il signifiait lion. C’est drôle de voir que cette part d’animalité se rappelle à moi sans le vouloir."

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