Le festival hennuyer ouvrira ses portes pour la 31ème fois, mercredi soir, sur une plaine des éoliennes partiellement réaménagée. 

Stupeur, angoisse, nostalgie… En 2018 Dour quittait la plaine de La Machine à Feu pour le champ voisin des éoliennes. Terminé le bar du petit bois, le long pèlerinage vers la Balzaal et le passage chaotique entre la Main et la Cannibal Stage ! Pour ses trente ans, le festival le plus foisonnant, intense et rock'n'roll du paysage belge repartait d'une feuille blanche, histoire d'upgrader une organisation un rien dépassée par le succès de foule de ces dernières années.

"Franchement, on s'est demandé comment on faisait avant" s'amuse Alex Stevens, à l'heure de faire le bilan de cette transhumance, et de détailler les changements apportés à cette édition 2019. "Ce nouveau site facilite la vie de tout le monde. On a supprimé les contraintes, les distances de marche sont nettement réduites, tout a été redessiné. Par contre, en arrivant sur la plaine, les gens n'étaient pas émerveillés. C'est comme quand tu changes de maison : tu quittes un lieu dans lequel tu as plein de souvenirs et tu arrives dans un endroit qui n'a pas encore d'âme, de points de repère."


Un demi-terrain de foot de LED à la Balzaal

Le "Durum" (nom affectueux donné au festivalier de Dour) a bien fini par s'approprier son nouveau chez lui, mais quelques petits détails ont tout de même été modifiés cette année. "On a ajouté des toiles pour créer davantage de zones d'ombre ou d'abri en cas de pluie" poursuit le coprogrammateur du festival. "On a replanté des arbres, ajouté des tables en bois avec des bancs. Et puis on a surtout déplacé la Balzaal. Sur l'ancien site, il fallait chercher cette Balzaal mais quand on y arrivait, on tombait sur une cathédrale, ça avait un côté impressionnant. Alors qu'ici on la voyait directement, ce qui lui faisait perdre en magie. On va à nouveau la cacher un petit peu (rires)". 

Les visuels de la scène aussi, seront modifiés. Les écrans placés sur les pylônes ont été supprimés, "mais on a mis un écran de la taille d'un demi-terrain de foot derrière le DJ, soit trois fois la taille de l'écran de l'année passée." 


Fini la Caverne

Exit "La Caverne" qui devient quant à elle "la salle polyvalente", sorte de fourre-tout thématique qui permet aux programmateurs de varier les plaisirs au quotidien. "Dour doit rester un festival de découvertes" poursuit Alex Stevens "On veut continuer à programmer ce que les autres ne programment pas, mais on a réalisé qu'en distillant du métal, du dub alternatif ou du reggae sur quatre jours, on était moins forts que les festivals spécialisés. On a donc décidé d'organiser des journées à thème et de mettre le paquet sur chacune d'entre elle". 

Ce sera rap alternatif le jeudi, reggae/dub le vendredi, métal le samedi et nouvelle scène française le dimanche. "Du coup, le nom "Caverne" ça n'allait plus trop" ajoute Mathieu Fonsny, lui aussi programmateur de Dour, et véritable machine à bons mots ce matin. "Caverne... ça fait musique de caverneux, c'est un peu lourd … Ca n'allait pas pour programmer du reggae" (rires).


Têtes d'affiche locales

La Balzaal, la Boombox et la Last Arena (Main Stage) seront disposées en trois pôles. Entre chacun de ces pôles, libre au festivalier d'aller se perdre dans la Petite Maison dans la Prairie, le Labo, la Salle Polyvalente, le Dub Corner ou le Rockamadour, qui devient une scène à part entière et accueillera entre autres les équipes radio de No Fun et Kiosk Radio.

Avec ses huit scènes, Dour est foisonnant, mais on peut dégager quelques tendances, à commencer par la très belle présence belge à tous les niveaux. "On cite évidemment Damso, Roméo, Charlotte et Amelie" confirme Mathieu Fonsny. "Aujourd'hui, on peut faire avec des têtes d'affiche belges, et c'est une très bonne chose. D'autant que ces artistes sont tous des habitués du festival, on a évolué avec eux en les programmant sur des scènes de plus en plus grandes au fil du temps, et on en fait de même avec la nouvelle garde. Notamment Slim Lessio, Venlo, Lord Gasmique, Peet, Dvtch Norris, Rare Akuma."


"C'est un peu comme dans une cuisine"

"L'idée a toujours été de trouver des tendances, des niches, de prendre le clou et de taper dessus" poursuit Mathieu Fonsny. "C'est un peu comme dans une cuisine, t'as des casseroles reggae, rap, techno, rock,… Et en fonction des années, tu ouvres un peu plus le gaz sous l'une ou l'autre. On ne va jamais programmer un artiste connu en Grime ou en Dub à lui tout seul, on va essayer de faire découvrir les autres représentants de ces scènes, gratter jusqu'à en avoir les ongles tout noirs."

Quelques noms reviennent régulièrement dans la bouche des deux programmateurs, comme Sheck Wes, les Flatbush Zombies, JPEGMAFIA et BLVC SVND en rap, Nu Guinea ou DTM Funk en électro, et l'inévitable Flavien Berger en pop. On y ajoute en vrac Dengue Dengue Dengue, Hubert Lenoir, Fontaines D.C., Death Grips, Paula Temple, Miss Angel, BATTLES, Skepta, Dima, Curtis Harding, Fat White Family, Kampire, KOMPROMAT et bien d'autres. 

Même s'il pleut, l'été des Durums sera chaud.

Dour Festival, du 10 au 14 juillet, www.dourfestival.eu

Suivez en FACEBOOK LIVE la journée FiftyFifty X Dour au Labo avec les concerts de Lenny Pistol, Hubert Lenoir, Rimon, Lolo Zouaï et Jimothy, ce jeudi 11 juillet de 14h30 à 21h20 sur Let it Sound.