Dour

Le mythique duo californien était littéralement inaudible, jeudi soir à Dour, où Orelsan, Richie Hawtin et… Hubert Lenoir ont largement justifié le déplacement.

« Tu descends maintenant ! Arrête de faire le pitre » semble hurler un agent de sécurité excédé à Hubert Lenoir. La mine grave et le doigt menaçant, le pauvre homme tente tant bien que mal que gérer le fantasque Québécois qui prend un malin plaisir à faire n’importe quoi. De la classique ascension d’infrastructure, au brûlage de papier, en passant par deux ou trois stage diving dans le public, ravi de lancer son jeudi dourois avec un concert fun et relativement intense.

Heureusement pour lui et pour nous, le bonhomme a du fond, un vrai sens de la composition francophone et un univers qui oscille entre le jazz, le glam et le punk bon teint. À voir si vous passez par les francofolies de Spa la semaine prochaine.

« Aurélien une chanson »

Chauffés d’entrée, nous poursuivons notre épopée rock’n’roll avec Fontaines D.C. révélation annoncée et belle petite claque garage rock, même si les flegmatiques irlandais ne prononcent pas le moindre mot et semblent en solide lendemain de veille. La fête est finie comme dirait l’ami Orelsan, tête d’affiche de cette seconde journée, et vieil habitué du festival qui fait une entrée fracassante sur la Mainstage un petit quart d’heure avant neuf heure.


Tout de blanc vêtu, entouré par ses trois musiciens, Aurélien entre en force sur un Doureuuuuh fédérateur, lance d’entrée Discipline et Basique, puis casse un peu le rythme en présentant longuement son équipe. Propre, pro, efficace, le flow limpide comme toujours, le garnement du nord enchaîne les tubes. Paradis, La pluie, Défaite de famille et Christophe défilent. Nous aussi d’ailleurs, on file. C’est mal, mais Orelsan est déjà de retour en Belgique dans une petite semaine et l’on voudrait tester Sebastian. Très mauvaise idée, c’est lourd, gras, inutilement agressif. Une vague resucée de Justice dans ce que le groupe avait de plus énervant. Autant venir se replacer directement devant la Last Arena pour le grand retour de Cypress Hill.

Richie a pris ses basses, lui

La cote de popularité de ces deux-là est incroyable. Il y a quelques années, déjà, B-Real et Sen Dog avaient fait pleine comble le dimanche après-midi. Bien avant 23h, les festivaliers se bousculent, se jettent vers les premiers rangs, et hurlent quand le DJ du duo fait son entrée. Pas l’ami Muggs, malheureusement, resté à Los Angeles pour l’été, qui a refilé les platines à Mix Master Mike. Keffieh sur le crâne, B-Real fait à son tour une entrée royale sur Band Of Gypsies de l’excellent Elephants on Acid sorti il y a quelques mois. Enfin… On pense que c’est B-Real, parce qu’en réalité, pratiquement aucun son ne sort de son micro.


Le son, nickel sur toutes les scènes jusqu’ici, est fluctuant, inexistant. Pas une seule basse ne sort des baffles, ce qui pose vaguement problème pour un duo comme celui-là. Eux ne se rendent compte de rien. Sen Dog entre en scène, avec le même résultat. Les basses reviennent, repartent, on a l’impression d’écouter un MP3 sur un vieux lecteur pourri avec une limite de son bloquée a minima. Curieusement, une bonne partie du public reste sur place, mais après 20 minutes, faute d’amélioration, on abandonne, le massacre fait trop mal au coeur.

D’autant que Richie Hawtin, lui, a bien pris ses basses avec, merci. Le Canadien vient présenter la nouvelle version de son set « CLOSER » dans « La petite maison dans la prairie » et plonge toute l’assistance dans une transe technoïde jubilatoire. Le set est relativement court, dommage, il ne reste plus qu’à aller tester le gigantesquissime écran (trois écrans en réalité) qui domine la Balzaal en mode Drum and Bass, avant de finir en force avec Laurent Garnier et de garder quelques cartouches.