Musique / Festivals

rock

Bob Dylan, The Bootleg Series, Vol. 8: Tell Tale Signs ***

Bob Dylan est un fichu casse-pieds: non content de réaliser quelques superbes pépites depuis une vingtaine d’années, il farfouille dans les poubelles des studios pour en sortir d’autres gemmes de la plus belle eau. L’eau, c’est celle, poisseuse et moite, du Mississippi, où le Zim a zoné quelque temps, à l’époque de "Oh Mercy" (1989). Mais on trouve aussi des chutes de bandes issues des sessions "Love and Theft" (2001) et "Modern Times" (2006), d’où le sous-titre du disque: "Rare and Unreleased 1989-2006". Si country et rock sont bien présents, la couleur dominante de cette compilation est le blues, symbolisé par la reprise "32-20 Blues" de Robert Johnson. Quant aux versions alternatives de titres déjà parus, elles présentent une tournure bien différente, justifiant à elles seules l’existence de l’album, qu’un titre de 1964 résume le mieux: "Another Side of Bob Dylan". Un autre aspect du Dylan après 1989. (DS)

1 double CD Columbia Legacy 35795, SonyBMG.

country

Charlie Haden, Family and Friends, Rambling Boy ***

L’endroit où l’on n’attendait pas vraiment le grand contrebassiste et chef d’orchestre jazz. L’âge venant, 71 ans pour tout dire, Charlie repense à l’enfance, lorsque, à 2 ans, il chantait à la radio au sein de la Haden Family à Shenandoah, sa ville natale, dans l’Iowa. A cette dernière, il rend un hommage touchant, avec sa voix fragile et volontaire, en fin d’album. Avant ça, une flopée de chanteurs/euses de tout premier plan se succèdent sur un répertoire américano-trad: Vince Gill, Rosanne Cash, Bruce Hornsby, Elvis Costello Femme (Ruth Cameron) et enfants sont aussi là, mais l’architecture du disque repose sur Haden et son ami de longtemps, le guitariste Pat Metheny (cfr l’album "Under The Missouri Sky" en 96). Tout ça sonne plus vrai que nature, et, loin de la country de pacotille, fleure bon le blues de l’homme blanc. (DS)

1 CD EmArcy Decca 79165, Universal.

baroque

Giulio Caccini, L’Euridice, Scherzi Musicali, Nicolas Achten ***

Sous la direction de Nicolas Achten, baryton de 23 ans, qui tient aussi le théorbe, voici "L’Euridice" de Giulio Caccini, composé en 1600 (quelques années à peine avant l’Orfeo de Monteverdi) pour le mariage de Marie de Medicis et d’Henri IV. Une "favola in stile representativo" aboutie, présentant un bel équilibre entre les mélodies et les récitatifs, entre une harmonie, très pure, et des modulations au puissant pouvoir expressif. A toutes ces vertus, s’ajoute l’interprétation des Scherzi Musicali, d’une évidence et d’une fraîcheur à attribuer non seulement à la jeunesse des interprètes, mais encore à leur étonnante maturité. Nombreuses découvertes parmi les chanteurs - outre Achten lui-même (Orfeo) - notamment le contre-ténor Magid El-Bushra, le ténor Reinoud Van Mechelen et la soprano Celine Vieslet, en compagnie d’Olivier Berten, Marie de Roy et Laurence Renson. Un regret: la "signalisation" lacunaire du livret, rendant difficile le pistage des airs et des interprètes. (MDM)

1 CD Ricercar , 79 min 30 sec - Ric 269

piano

Serge Rachmaninov, Sonate n° 2 et autres œuvres, Johan Schmidt

Retour à l’avant de la scène de Johann Schmidt qui fut lauréat belge du Concours Reine Elisabeth de piano voici plus de vingt ans déjà. Il a choisi Rachmaninov pour ce disque, avec deux des études-tableaux (n°6 et n°9), la deuxième sonate en si bémol mineur, quelques autres pièces et, surtout, les Variations opus 42 sur un thème de Corelli. Avec une virtuosité toujours souveraine et un engagement complet, Schmidt sait tracer des chemins de clarté dans la jungle des notes, prouvant qu’il reste un des plus beaux fleurons du piano belge. (N.B.)

CD Azur Classical AZC 074, 1 h 9 min.18 sec.

baroque

Johann Sebastian Bach, Concertos brandebourgeois, Masaaki Suzuki *

A la veille de la venue (apparemment la première) du Collegium Bach Japan en concert chez nous - ce sera le 20 novembre pour la Messe en Si -, un disque qui jette un autre éclairage sur cet ensemble dont l’intégrale des cantates de Bach, en cours de publication chez Bis, suscite souvent louanges et admiration. Autant les réalisations vocales de la bande à Masaaki Suzuki convainquent, autant on se dit que leurs réalisations purement instrumentales ont encore pas mal à envier à nombre d’ensembles européens équivalents. Direction plutôt banale en effet, mais aussi et surtout certaines faiblesses instrumentales, fussent-elles causées par de bonnes intentions: ici, l’usage pour le deuxième concerto d’une trompette naturelle à l’intonation par trop aléatoire. (N.B.)

CD Bis 1151-1152, 1 h 45 min. 17 sec., Codaex.