Les Francofolies de Spa, c’est (re)parti ! Le top départ de la vingtième édition a été lancé hier, dans une ambiance de début de festival. Lentement, mais sûrement. Vers midi, les ruelles de Spa commencent à se remplir de festivaliers venus pour profiter du soleil ou des concerts. Nul ne le sait vraiment. Comme chaque année, la petite vie spadoise s’apprête à être chamboulée et transformée en véritable folie musicale durant cinq jours. "Les Francos, c’est une bonne chose pour la ville, ça dynamise les commerces et ravive l’ambiance de notre petite ville", avoue une habitante de Spa. Pour son vingtième anniversaire, quelques changements : la scène "Red Bull Elektropedia" déménage dans le Village Francofou et l’atmosphère au Jardin des Francos s’adoucit. Des artistes comme Barcella, Marka ou Natasha St-Pier s’y produiront.

Mercredi après-midi. Les tout premiers concerts démarrent, pour la plupart, avec un public assis. Premiers regards curieux et tâtonnements d’ambiance obligent. La scène Pierre Rapsat n’ouvre que demain. Mais le Village Francofou et son Jardin sont là pour proposer un amuse-bouche du menu gourmand des jours à venir. Au Jardin des Francos, une jolie surprise accueille les curieux. Sous le globe (l’une des scènes du Jardin), un duo atypique, Les R’tardataires, sautille pour leur première fois aux Francos. Mission accomplie au vu du public qui est debout et bouge, lui aussi. Une bonne énergie, une pointe d’humour, un maniement sensible des mots, une bonne interaction avec le public et des sonorités rap, hip-hop, saupoudrées de reggae. Ce groupe liégeois détient la recette de la musique qui plaît. Quelques minutes plus tard, au Village Francofou, le grand habitué du festival monte sur scène, une bière à la main. Jeronimo se met directement à chanter, ponctuant sa prestation d’un discret : "on y va ?". Les applaudissements sont assez mous, jusqu’à ce que le chanteur belge entonne "Moi je voudrais". Le public se lève et s’emporte, mais l’enthousiasme est plutôt éphémère.

Aux alentours de 18h30, il devient plus dur de se frayer un passage dans la foule dont les regards sont rivés sur la scène du Village. Il suffit de s’en approcher pour comprendre qu’au bout du chemin, il y a Olivia Ruiz. Ce petit bout de femme est bien décidé à chauffer son public et à faire décoller l’ambiance. Avec "Elle panique", la chanteuse à l’accent du sud de la France y parvient. Le public est bel et bien présent, même si aucun festivalier ne sera à la hauteur du déhanché de la jolie "francofolle".

Un véritable show aux allures de théâtre, de danse et de chant. Olivia Ruiz offre de la folie douce, entre frénésie gestuelle et émotion musicale. Entre le calme et la tempête, comme le titre de son dernier album. La tempête se poursuit d’ailleurs avec les rockeurs bruxellois de BRNS. Cette bande de jeunes prend totalement possession du Jardin en envoutant son public. Un premier jour qui lance donc les Francofolies en douceur, tout en donnant le ton.Lauranne Garitte (st.)