Musique / Festivals
L’Eurovision, c’est festif, coloré, pailleté, flamboyant. Sans verser dans les clichés, il est donc évident qu’une partie de la communauté gay, sensible à ce genre de choses, lui voue un culte et soit organisée en communautés de fans très actives. En secret pendant de très longues années puis, enfin, au grand jour depuis la fin des années 1990, entre l’Eurovision et la communauté LGBT, c’est une grande histoire d’amour.

Aujourd’hui, pas une édition ne se déroule sans que les drapeaux arc-en-ciel soient visibles dans le public. Et l’on suspecte même des pays de choisir délibérément un candidat homo déclaré ou hétéro mais tellement mignon afin de capter les votes gay.

C’est un 1997 qu’un premier candidat ouvertement homosexuel, l’Islandais Paul Oscar, foule la scène de l’Eurovision avec une performance plutôt lascive.



Mais c’est la gagnante de l’année suivante, la diva transsexuelle israélienne Dana International, qui va signer la sortie définitive du placard de l’homosexualité et de toutes les différences à l’Eurovision.



En 2002, la Slovénie envoie au Concours un trio de drag-queens.



Cinq ans plus tard, la gagnante serbe Marija Serifovic ne met pas strictement en avant son homosexualité mais les indices sur scène sont là et personne n’est dupe.



En 2007 toujours, que dire de l’inclassable travesti ukrainien Verka Serduchka, déguisé en boule à facettes.



En 2013, la candidate finlandaise embrasse sur la bouche une de ses choristes à la fin de sa chanson, un acte militant visant à ce que son pays légalise le mariage gay. Comme Krista Siegfrids avait annoncé à l’avance qu’elle ferait ce geste, la télévision publique turque a décidé de ne pas diffuser du tout le show. Et en Chine, la performance de la chanteuse a été coupée au montage.



La drag-queen à barbe Conchita Wurtz remporte l’édition 2015 pour l’Autriche. Le tombereau de commentaires homophobes, les appels au boycott du Concours et une pétition russe exigeant que sa prestation ne soit pas retransmise à la télévision en Russie n’ont pas empêché l’extravagante créature de soulever le trophée.



Cette année, Bilal Hassani, qui se définit comme un queer, représentera la France avec “Roi”, un morceau qui s’inspire de son parcours identitaire.