Dans Sibelius, le violoniste prend des partis moins convaincants.

Seiji Okamoto est Japonais et fêtera ses 25 ans le premier jour de l’été. Ce mercredi, en début de soirée, la maturité, la maîtrise et la classe de cet artiste se font ressentir dès le premier trait solo de Fidl, de Hakola, lancé en pleine puissance dans ses sonorités brillantes et chaleureuses, baignant déjà dans ce climat de lyrisme et de liberté qui caractérisent le musicien. Les moyens sont immenses, et totalement maîtrisés, servant une musicalité cultivée et imaginative, et une impressionnante maturité. Seiji Okamoto ne joue pas de mémoire, mais la partition lui est acquise, sa relation avec l’orchestre est détendue, courtoise et pleine d’autorité, il chantonne les tutti d’un air joyeux, c’est un imposé solaire et luxuriant, selon nous, le plus abouti entendu jusqu’ici.

Un moment de répit et c’est dans des sonorités tout aussi lumineuses mais cette fois dans un esprit de mystère et d’inquiétude, que Seiji Okamoto ouvre le concerto de Sibelius, l’autre compositeur finlandais à son programme. La force du violoniste est de sembler laisser courir son imagination, d’inventer sur place des scénarios grandioses, poétiques ou déchirants - joyeux même si l’on songe à la folle danse précédant la coda du premier mouvement - sans jamais quitter un classicisme souverain, dans les formes (musicales) et dans l’allure.


Inconfort

Le thème poignant de l’adagio, pris dans un tempo très lent, créa pourtant un vague sentiment d’inconfort - problèmes d’intonation et de stabilité - avant que la tension et la gravité du chant justifient le parti de l’interprète.

Quant au redoutable finale, indiqué Allegro ma non tanto, il fut effectivement pris dans un tempo modéré (surtout si on le compare à celui pris par Ji Won Song mardi), évoquant la chevauchée plus que la course ailée, et là encore, on a parfois tremblé à l’écoute de sons ingrats ou de perte de tonus, comme si l’artiste peinait à maintenir l’élan et la souveraine maîtrise observés jusqu’ici. La fin du mouvement apporta un démenti relatif, toujours dans la splendeur sonore, mais sans vraiment décoller.