Musique / Festivals

Prestation inégale que l’adversité fera basculer du côté de la réussite.

Shannon Lee, bientôt 27 ans, a double nationalité américaine et canadienne. Elle est également détentrice d’un double diplôme de sciences informatiques et de musique. Et c’est avec l’assurance qu’on lui connaît depuis son arrivée dans le concours qu’elle se lance dans Fidl, l’imposé de Kimmo Hakola. Les sonorités sont puissantes, un peu écrasées et la section d’ouverture connaît quelques problèmes de réalisation ( surtout en termes de justesse). A la onzième version, on est en mesure de se rendre compte que l’approche de la jeune femme manque de singulièrement de liberté, de couleurs, de lyrisme. Difficile même d’y distinguer les contrastes de caractères et d’ambiances constitutifs de cette savoureuse « pizza hawaïenne » (dixit notre confrère Camille De Rijck), à l’exception de la dernière section, à la fois la plus porteuse et la plus drôle, où le sourire de Shannon se traduisit enfin dans son jeu.

C’est que le plus gros morceau l’attend encore avec le concerto de Tchaïkovski, concerto de bravoure qui, pris comme tel, s’annonce plutôt bien. Quoique toute frêle, la jeune-femme ne manque ni de puissance ni d’énergie, les sonorités s’épanouissent, quelque chose semble se mettre en place, mais Tchaïkovski en demande plus : une chose est, en effet, de s’acquitter des passages difficiles sans encombre, une autre est de construire et de déployer une vision (inspirée si possible) sur la longueur, et d’en faire un plaisir partagé. On notera une Canzonetta sensible et joliment conduite, avant un Finale où la violoniste se révélera à son meilleur ! A double titre, parce que manifestement, c’est dans le défi de la virtuosité qu’elle se sent le plus à son affaire, et parce que, face à une panne d’électricité qui en aurait désarçonné plus d’un.e (scène dans le noir durant plusieurs minutes), elle continua à jouer, en indiquant clairement au chef qu’il ne fallait pas s’interrompre. Avec pour effet de gagner en assurance, de se détendre, de galvaniser l’orchestre et de terminer en beauté !