Pionnier de la musique électronique, il a succombé à un cancer foudroyant à 73 ans.

Depuis ce mercredi, la planète musique est en deuil. Florian Schneider-Esleben, co-fondateur de Kraftwerk, groupe qu’il avait quitté fin 2008, est décédé. Âgé de 73 ans, il a succombé à un cancer foudroyant a fait savoir l’un des managers de la formation allemande. Son décès remonterait à la mi-avril.

Flûtiste au départ, pratiquant aussi le violon et la guitare, il avait commencé sa carrière dans un groupe de jazz puis intégré Pissof, une formation expérimentale, avant de rencontrer Ralf Hütter, étudiant au conservatoire à Düsseldorf, comme lui. Ensemble, ils ont fondé Organisation en 1968, puis Kraftwerk, deux ans plus tard.

Le groupe s’est imposé dès les années 70 avec un univers très particulier pour l’époque, totalement orienté vers les machines. Sur le plan musical d’abord, avec ses boîtes à rythmes, ses motifs mélodiques répétitifs, ses nappes de synthétiseurs et ses basses entêtantes. Sans oublier l’utilisation du vocodeur devenue l’une de leurs signatures distinctives. Dans le propos ensuite puisqu’il est constamment question des machines et l'évolution des technologies dans notre quotidien.

Si de nos jours Kraftwerk s’impose comme le parrain des parrains des musiques électroniques, c’est pourtant dans un autre registre que le groupe a débuté. Les deux premiers albums sont ancrés dans le rock expérimental, le fameux kraut rock. Mais en cinq petites années, il va opérer une mutation complète pour débarquer avec le single “Radio-Activity” en 1974. Un titre aux accents pop qui cartonnera un peu partout. Pour beaucoup, Kraftwerk est à la musique électronique ce que les Beatles sont à la pop. Ni plus, ni moins.


Leur influence a d’ailleurs très largement dépassé les frontières de l’électro et de tous ses avatars passés. Elle se ressent dans le rock. David Bowie en personne a rendu hommage à Florian Schneider en 1977 avec le morceau “V-2 Schneider” sur l’album Heroes. Et New Order doit aussi beaucoup aux Allemands. Leur influence est perceptible jusque dans le hip-hop. Les pionniers du genre comme Afrika Bambaata n’ont-ils pas samplé “Trans-Europe Express” sur "Planet Rock" ?



Avec la mort de Florian Schneider-Esleben, c’est donc un pan entier de la musique de ces 50 dernières années qui vient de disparaître.

Ce soir, plusieurs grands noms de la scène électronique ont rendu hommage au co-fondateur de Kraftwerk. À commencer par l'Italien Giorgio Morroder qui perd un de ses héros, écrit-il. Jean-Michel Jarre a également commenté cette disparition: "Your Autobahn wille never end. Le Tour de France ne sera plus jamais le même", allusion à deux des albums incontournables de la discographie du groupe allemand: Autobahn (1974) et Tour de France (2003).