Forest National, plus grand, ailleurs

Dominique Simonet Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Dans quelques années, la salle de spectacles bruxelloise Forest National ne devrait plus être ce qu'elle est, c'est-à-dire un espace relativement étriqué (7000 places assises), à l'accès compliqué et à l'inconfort acoustique notoire, tant pour le public que pour les riverains. Dans l'air depuis des mois - voir LLB du 9 juillet 2004 -, le projet d'une nouvelle salle se matérialise petit à petit. Pour qu'il puisse vraiment démarrer, la commune de Forest doit vendre le terrain devant accueillir le nouveau complexe, sur le site du Bempt, en bordure du ring sud de Bruxelles, au maître d'ouvrage, une association momentanée entre EPB (European Property & Building) et BPI (Batipont Immobilier). Mardi prochain, 27 septembre, la finalisation de cette opération sera mise au vote du conseil communal de Forest.

En l'état actuel du projet, la nouvelle salle devrait accueillir de 12000 à 12500 places assises, de 2500 à 5000 places de parking, et, selon le souhait de celle-ci, devrait encore inclure le nom de la commune dont il a fait la réputation, pourtant pas toujours flatteuse. Forest - Vorst Fédéra(a)l, peut-être?

Cette même commune a voulu que le complexe puisse accueillir, en plus des spectacles, des événements sportifs d'envergure: non pas des compétitions d'athlétisme ou de cyclisme sur piste, mais des tournois de tennis, de minifoot, des compétitions de patinage, etc. D'où sa forme caractéristique, non pas ovale, mais en rectangle avec des coins arrondis, telle une «sports arena» américaine. Du côté des exploitants actuels, comme des organisateurs de spectacles, l'on est demandeur d'une salle de grande capacité, modulable, et qui garde sa convivialité quelle que soit sa jauge, adaptable de 4000 à 12500 personnes assises.

Président-administrateur délégué d'EPB, Philippe Blaton confirme deux grandes priorités que sont l'isolation du bâtiment et son accessibilité. Le défi de l'isolation n'est pas le moindre, même si le Bempt n'est pas en zone habitée comme Forest National actuellement. D'autant que ce défi est double: il y a les vibrations et le son émis depuis la salle (ah, le temps où U 2 titillait les sismographes d'Uccle!), mais il faut aussi faire en sorte que les gens au spectacle n'entendent pas les camions passant sur le ring tout proche. Gageons que l'organe de Céline Dion peut rivaliser avec un convoi de semi-remorques, mais il est loin d'être si répandu.

Pieux, vérins, etc.

Comme souvent en Région bruxelloise, le sous-sol marécageux est un souci, contourné aujourd'hui par des solutions techniques puisque le bâtiment sera construit sur pieux. Les fondations sur des vérins limiteront les vibrations, tandis qu'un concept de bâtiment dans le bâtiment devrait assurer la maîtrise sonore. Dessiné par les bureaux Alta, L'Atelier et A 2M, l'ouvrage se déploiera en effet en deux enveloppes - l'une interne constituée par les gradins et l'autre externe -, celles-ci formant une double paroi créant, entre elles, un vide comme tampon. Enfin, des acousticiens vont travailler à la conception d'une salle qui veut miser sur le confort et la convivialité.

L'autre axe important du projet est son accessibilité. Le site du Bempt se trouve à un véritable noeud de communications: ring bruxellois, lignes de chemin de fer et de transports urbains. «Moyennant un peu d'adaptation, on peut rendre l'accès à ce complexe extrêmement aisé», confirme Philippe Blaton. «Des contacts sont pris avec tous les intervenants, et la situation en termes de mobilité est exceptionnelle: deux sorties du ring et des flux de circulation en dehors des zones d'habitation.» Encore faut-il songer à faire mieux que le Palais des Sports d'Anvers, lui aussi en bord de ring, mais un enfer pour y accéder.

Autour du complexe lui-même devrait s'étendre une zone d'entreprises à caractère urbain, avec des fonctions complémentaires à la salle: élaboration de décors, Horeca, etc.

Pendant ce temps-là, la salle actuelle sera démolie et remplacée par des logements aux caractéristiques encore à définir, et par des commerces de proximité.

Si tout se passe comme prévu, les études d'incidences vont commencer en décembre, le permis de bâtir sera demandé début 2006. La construction, elle, ne devrait pas débuter avant deux ans, et le projet pourrait être fini d'ici 5 à 6 ans.

© La Libre Belgique 2005

Dominique Simonet

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