Stromae aux Francos: Si tu danses pas sur ça, peut-être, qu'en fait, t'aimes pas danser

C'est un peu ce qu'on pourrait dire à un ronchon qui serait resté derrière la barrière sans prendre la peine de s'agiter au son des notes que balançait Stromae, sur le place de l'Hôtel de ville de Spa, mercredi soir pour l'ouverture des Francofolies.

Aurore Vaucelle, à Spa

C'est un peu ce qu'on pourrait dire à un ronchon qui serait resté derrière la barrière sans prendre la peine de s'agiter au son des notes que balançait Stromae, sur le place de l'Hôtel de ville de Spa, mercredi soir pour l'ouverture des Francofolies. “En fait, t'as pas envie de faire la fête, bah ça alors c'est bête, parce que c'est pourtant ce qui va se passer”.

Et comme c'est un gaga des lumières et des shows vidéos léchés, c'est à la nuit tombée que ledit Stromae avait décidé de pousser la chansonnette.Artiste sympa se la jouant pas un poil grosse tête qui fait mariner, il est là à 22h00 tout pile, pour lancer la sauce à un public déja bien installé. Godet en main, position stratégique contre la barriere Nadar, juchés sur la gaine technique (tout promontoire est bon), et bambins excités comme des puces sur les épaules (“Mais s'il te plait, si tu veux rester à regarder, arrête de gigoter”) ; tout le monde est fin prêt. Et personne n'en laisserait une miette. Le public de Spa, ça fait un petit temps déjà qu'il a acheté son billet pour la fiesta. Et parce que le gamin Stromae a bien compris que les gars qui se la racontent musicalement, ça pourrait laisser de marbre les Spadois fort en gueule et qui savent ce qu'il veulent, il ouvre tout de suite le festival en te faisant “ta fête”. Et pas pour de faux.

Et il va se donner pour faire monter le son et faire en sorte que tout le monde entonne des refrains tant et si bien entendus que les reprendre en groupe, serré, à la nuit tombée, te permet de te se sentir au centre du monde.

Ainsi, chanter à tue-tête des tubes de compét', c'est possible (“Alors on danse” fait littéralement onduler la foule spadoise) et, le tout, juste après s'être ému d'un “Foooormidable” déçu des histoires d'amour qui, - les Rita Mitsouko l'avaient déjà prophétisé - finissent mal, ou encore des récits en manque d'affection d' un orphelin de père.

Le public ultra familial de Spa rend bien à Stromae l'énergie qu'il dépense pour les agiter du bocal. Toute la place de l'Hôtel de ville reprend en choeur ses paroles, de la petite dame de 60 ans, le K Way noué à la taille à la jeunette de dix ans, qui est en train de moudre, littéralement, les épaules de sa maman, maman qui nous dit dans un clin d'oeil entendu, “Parfois il faut bien remplacer le papa qui n'est pas là”.

Bah oui, ce soir là, Paul Van Haver ne faisait pas qu'entonner des tubes à radiodiffuser ; il causait au moins à une gamine qui elle non plus n'avait pas son papa.

La suite dans votre “Libre Belgique” de ce vendredi.


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