Francofolies de Spa

Le chanteur jouera aux Francos ce vendredi en remplacement de Thérapie Taxi... et samedi, comme prévu.

Ingérable ! Hubert Lenoir est tout bonnement ingérable dès qu’il met un orteil sur une scène. Au Festival de Dour, ce jeudi 11 juillet, le fantasque Québécois de 24 ans prend donc un plaisir manifeste à faire n’importe quoi. Dès qu’un endroit est interdit d’accès, le sale gamin s’empresse d’aller y faire un tour, et le doigt menaçant de l’agent de sécurité qui tente vaguement de le gronder n’y fait absolument rien. "Tu descends tout de suite", semble lui hurler le malheureux quand Lenoir se met à grimper sur un pilier, puis à brûler un bout de papier qui tombe dans le front stage. "Arrête ton cirque maintenant", poursuit le vigile courroucé, quand le chanteur-guitariste rejoint le public en passant par-dessus une enceinte, avant de se jeter dans la foule. Le garnement fait le show. Et, pendant ce temps, les six musiciens présents sur sa tournée assurent.

Car il ne faudrait pas réduire Hubert Chiasson (de son vrai nom) à son attitude rock’n’roll, à sa tendance à embrasser ses musiciens tous sexes confondus, et au maquillage très "glam" qui se pose systématiquement sur son visage. Le chanteur et guitariste canadien est avant tout un excellent compositeur. Son premier album, Darlene (2018) s’ouvre sur un bel instrumental jazz, poursuit avec le tube pop Fille de personne II, puis le très rock Fille de personne III, qui lui donnent des airs d’opéra rock festif et multigenres. Situé quelque part entre Prince, Bowie et T-Rex en version francophone, Lenoir a déjà glané une petite dizaine de récompenses et autres nominations dans sa Belle Province, pour cette première livraison complimentée par tous ceux qui l’ont écoutée. Rencontre avec cet artificier des mots à l’âme punk, avant sa venue aux Francofolies de Spa, ce week-end.