Parmi les noms à pointer dans l’affiche des Francofolies de Spa 2015, il en est plusieurs qui viennent de loin : du Québec. Des auteurs-compositeurs-interprètes manipulant la langue française avec brio, dotés d’une forte personnalité artistique. En voici trois à ne pas manquer.

La pop composite de Monogrenade

L’univers original de Monogrenade est à découvrir sur la scène Sabam, dimanche à 15 heures (*). Après "Tantale", le groupe pop a publié "Composite" (paru en France, chez Atmosphériques). Un vibrant album à l’atmosphère aérienne, voire stellaire, guidé par le chant éthéré de Jean-Michel Pigeon. De "Composite" au fabuleux "Fantôme", en passant par le percutant "Aimant", le sextet montréalais brode des mini-symphonies d’où décollent des cordes (le groupe compte deux violonistes et une violoncelliste) mais aussi des nappes de synthé. Monogrenade propose, par ailleurs, de solides pièces aux contours plus directement (electro) pop.

Le souffle électrisant de Salomé Leclerc

Il n’y aura que quelques pas à faire pour écouter, dans la foulée, Salomé Leclerc. Ce n’est pas la première fois que la jeune femme foule le sol belge, en témoigne "Arlon" qui ouvre son second album, "27 fois l’aurore" (label Tôt ou Tard). Un opus électrisant, porté par une belle voix légèrement fêlée, des textes aux troublantes écorchures et un audacieux habillage musical, tout en minimalisme fantomatique et somptueux (échos électroniques, guitares, pulsations cotonneuses, trombone…). Tout juste récompensée des prix Félix-Leclerc et Rapsat-Lelièvre, Salomé Leclerc investit la scène Proximus à 16 heures (*).

Le beau clair-obscur d’Antoine Corriveau

Un peu moins connu mais en pleine ascension outre-Atlantique, Antoine Corriveau affiche un profil plus rock (à ramifications folk ou blues). De sa profonde voix rauque, son chant hanté, ses guitares multiples et son harmonica - auxquels répondent ici une lap steel, là un violoncelle -, il dégaine de solides chansons. Son second album "Les Ombres Longues" est rempli de textes forts. Il y est question de rupture, et il y souffle le vent du Printemps érable (grèves étudiantes de 2012), mais aussi celui de l’hiver et des paysages canadiens. Sur la scène du Parc, samedi à 23 heures, il sera entouré d’un batteur et d’un violoncelliste.



(*) Monogrenade joue aussi au Théâtre de Liège le 21/7, dans le cadre du Forum mondial de la langue française. Dans le même contexte, Salomé Leclerc joue deux titres à Médiarives le 22/7. Elle annoncera sous peu d’autres dates belges pour l’automne.