Musique & Festivals

Le dernier album du groupe (l'excellent “Mirror Mirror”) date de 2009, et ses derniers concerts de 2010, année où il s'était payé Forest National -fait rare pour une formation rock belge- après avoir rempli le Zénith de Paris. C'est dire si l'annonce du retour de Ghinzu sur scène, dans des salles de taille moyenne (1200 à 1600 places), a fait son petit effet. Les tickets pour ces quatre concerts, à Luxembourg le 22 octobre, Bruxelles les 23 et 24 et Paris le 25, se sont vendus comme des petits pains.

Nouveaux titres

L'attente aura été longue, mais le public n'aura pas été déçu. Vendredi, dans un Théâtre National débarrassé de son grand gradin, le quintet rock bruxellois emmené par John Stargasm a livré une prestation éclatante, à la hauteur de sa réputation et des espérances. Point de grande surprise, toutefois, si ce n'est la présence de quatre nouveaux titres, certains plus convaincants (le cinématographique “Face” joué en ouverture) que d'autres (“Forever”, un peu mielleux). 

Le public, lui, manquant de répondant sur le refrain d'“Out of Control”, s'est vu gratifier de sarcasmes à la Stargasm. Ces petites choses qui font le piquant de Ghinzu. Comme ces sons entêtants, façon pales d'hélicoptère, qui dynamisent plusieurs de leurs morceaux.

Cinq ans d'attente, cela peut sembler long, dans un monde où tout fonce et tout manque de disparaître aussi vite qu'apparu. Mais cela donne l'occasion de constater, vérification faite sur scène, que Ghinzu est un groupe incontournable du rock européen. Que plusieurs de ses titres, à la fois puissants et très mélodiques, vont encore s'écouter durant de nombreuses années. Pointons “Mirror Mirror” (point d'orgue du concert de vendredi), intense morceau à tiroirs plus qu'à miroirs, prolongé par l'épique “Dream Maker” porté par des choeurs lorgnant vers Queen. Il y a aussi l'explosif “Blow” joué en final - après un premier rappel en demi-teinte. Le sournois “Dragon” par ailleurs (seul titre puisé dans le premier album du groupe). Et d'autres morceaux où étincelle le piano, force motrice de Ghinzu, tel le tourbillonnant instrumental “21st Century Crooners”. Sept notes en ascenseur, des mélodies qui se superposent et s'enchevêtrent, et un solide crescendo; de quoi donner un coup de fouet à mi-concert.

Un album fin 2016 ?

Pour un quatrième album de Ghinzu, cela dit, il faudra encore être patient. Le groupe ne livre aucune information précise à ce sujet, mais en coulisses il s'y dit qu'il ne faut rien attendre avant au moins un an. Soit sept ans après “Mirror Mirror”. On espère que cet opus sera aussi bon et même meilleur que ce dernier. Briser un miroir, cela provoque sept ans de malheur...