Musique / Festivals

La Belle au bois dormant. Tel est le surnom qu’on prête volontiers à Namur, indique Loïc Bodson, chargé de projets artistiques au Centre culturel régional/Théâtre de Namur, et par ailleurs musicien pop (Flexa Lyndo, Loïc B.O.). Certes, Namur n’est pas une métropole hyperactive d’un million d’habitants, regorgeant de salles rock, de groupes renommés et de labels. Une vie musicale s’y développe toutefois en continu, portée par des opérateurs artistiques dynamiques. Il restait à les fédérer et leur donner une belle visibilité. C’est ce qu’accomplit le festival Beautés soniques, premier du nom, qui sonne donc l’heure du grand réveil musical namurois. Il réunit pas moins de seize partenaires actifs - en tout ou partie - dans les musiques actuelles (citons le CCR/Théâtre de Namur donc, le KIKK festival, PointCulture, les Jeunesses musicales, Panama, NamurDuSon, le Crewstace…). Dix jours, dix lieux, une affiche alléchante (intégrant quelques jeunes pousses namuroises), la convivialité et la découverte pour mots d’ordre, des connexions avec d’autres disciplines artistiques : la "Belle" a, là, tout pour séduire. Levons le voile.

Des Beautés bien inspirées. Loïc Bodson, coordinateur du festival, cite, comme sources d’inspiration : "Pop Montréal, un festival urbain qui réunit, en septembre, différents lieux de diffusion et témoigne de la belle vivacité musicale de la ville. Et Les Aralunaires, à Arlon, qui développent un peu le même concept, même si la ville est plus petite et compte moins de salles de concert - le festival s’étend dans divers lieux tels des appartements, églises, magasins…" "Notre volonté est de créer une circulation dans la ville, faire découvrir diverses salles", ajoute-t-il.

Des lieux à (re)découvrir . Le festival s’ancre un peu partout à Namur, en une dizaine de lieux au total. Preuve que le courant passe entre eux, ils seront symboliquement reliés par une installation artistique créée par le collectif Drash, figurant des câbles audio interconnectés. Rendez-vous au Grand Manège, au Belvédère perché sur la citadelle, à la Maison de la Culture, à l’intimiste théâtre Jardin Passion (lire ci-contre), au Quai 22 (l’espace culturel du campus); mais aussi en un lieu plus inattendu : la magnifique église baroque Saint-Loup. "Au fur et à mesure des années, on multipliera les lieux insolites" , prévoit Loïc Bodson.

Une affiche éclectique. Il y en a pour (presque) tous les goûts parmi la trentaine d’artistes/groupes et DJ programmés. Quelques idées ? La soirée d’ouverture devrait être magique, avec The Bony King of Nowhere et An Pierlé - tous deux en solo - à Saint-Loup. On annonce une affiche pop-rock très délurée au Belvédère le 1/11, avec la Suissesse Camilla Sparksss, les Français Arch Woodmann, l’Américain Jackson Scott… Les amateurs d’electro se rendront au Grand Manège le 7/11 où sont notamment programmés Flako et Hermutt Lobby. Le 8/11, le Belvédère se met en mode hip-hop avec notamment le Français Grems et un concours de beatmaking. Pointons encore la venue de l’artiste sud-africain Petite Noir et son étonnant electro-afro-rock hybride (9/11 Grand Manège). Et notons que Loïc Bodson a convié deux valeurs montantes de la scène montréalaise : Karneef (strange-pop), le 6/11 place du Printemps de Pékin et le 7/11 à la Maison de la Culture, et Folly&The Hunter (folk), le 2/11 au Jardin Passion.

Mais encore. Outre les concerts, le festival se décline en divers rendez-vous axés ou non sur la musique. Citons la projection du documentaire "The Sound of Belgium" au Forum, suivie d’un débat avec le réalisateur Jozef Devillé; Forum où le collectif Phase B, par ailleurs, expose des photos et installations reliant musique et cinéma. Les Beautés soniques jettent des ponts avec "Wal’Style", expo dédiée au hip-hop wallon (du 24/10 au 3/11, galerie du Beffroi) : le dévernissage aura lieu le 2/11 au Foyer du Théâtre avec DJ Sonar, DJ Grazzahoppa… Foire aux vinyles (3/11), marché de créateurs (9/11) et marché vintage (10/11) complètent le menu.

Un QG. Au Foyer du Théâtre de Namur, point de ralliement du festival, on trouvera bar, restauration, ambiance musicale et expo (illustrations de Laura Schneider et Chloé Gabriel).

Des prix doux. Le prix des concerts va de 8 à 15 € en prévente; un pass de 38 € est disponible. L’accès à la plupart des événements annexes est gratuit, de même que quelques concerts (3/11 au Foyer et 6/11 Quai 22/place du Printemps de Pékin).Sophie Lebrun

Programme complet et info : www.beautessoniques.be