Musique / Festivals

Le Fuse fêtera ses 25 ans avec une soirée de 14 heures, ce 27 avril. Logé dans les Marolles, le club fut le tout premier à programmer de la techno à Bruxelles. Retour sur l’histoire d’une salle légendaire, qui fit de la capitale une référence mondiale du genre.

La rue Blaes, ses vieux troquets, son marché aux puces et… son authentique club de musique. D’aucuns l’auront oublié aujourd’hui, mais cela fait près de quarante ans que le Tout-Bruxelles se rend dans le coin pour se trémousser jusqu’aux dernières heures de la matinée. Au début des années 80, le public local ne se déchaîne pas encore sur de grosses basses électroniques. Les Bruxellois font la file pour entrer dans ce qui s’appelle alors Le Disque rouge - El Disco Rojo -, club latino très fréquenté par la communauté hispanique de la ville, qui investit tous les soirs cette ancienne salle de cinéma des années 20 reconvertie en discothèque. Les Marolles ne se sont pas encore gentrifiées à l’époque, mais, déjà, le Disque rouge en fait un lieu branché. "C’était une salle assez classe, sur deux étages, avec une petite fontaine en bas", se remémore un vieil habitué du coin. "Il y avait un petit côté Al Pacino dans Scarface." Ces messieurs portent le costume ou le jeans-blazer, les dames sont en talons, et une flopée de musiciens de tous genres défilent tous les week-ends sur la grande scène, à l’image d’un jeune chanteur espagnol en devenir, du nom de Julio Iglesias.

Adieu Julio, bienvenue au Fuse

Pierre doit avoir une vingtaine d’années à l’époque. Étudiant le jour, DJ la nuit, le garnement se fait un peu d’argent en passant des disques dans un bar de Courtrai (Flandre occidentale). Un soir, un client régulier du bar vient le trouver. Peter possède un club dans les environs, mais envisage de quitter Courtrai la conservatrice pour Bruxelles la libérale, où la musique qu’il propose pourrait bien toucher un plus large public. Même dans la capitale, trouver une résidence pour noctambules en transe relève du miracle, mais voilà qu’après dix ans de bons et loyaux services le Disque rouge vient justement de fermer ses portes. Associé à un certain Thierry Coppens et avec un Pierre chargé de vinyles aux platines, Peter De Cuypere y ouvre en 1994 ce que l’on connaît encore aujourd’hui comme le Fuse, petit club sombre de 900 places, qui devient rapidement l’un des temples mondiaux d’un nouveau genre musical : la techno.

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