Indochine a donné ce vendredi le coup d’envoi des festivités pour célébrer ses 40 ans, la première répétition du groupe remontant au 10 mai 1981. Outre la tournée des stades de l’an prochain – qui ne passera donc pas par la Belgique - et la boutique éphémère qui vient d’ouvrir ses portes à Paris, Nicola Sirkis et les siens ont enclenché la machine à remonter le temps avec la sortie du premier des deux albums reprenant l’ensemble de leurs singles. Celui-ci couvre la période allant de 2001 à 2021. Il comprend le tout dernier titre en date, “Nos célébrations” (75 millions de d’écoutes et de vues en streaming et chanson française la plus diffusée en radio cet été !) mais également des morceaux aussi importants que “J’ai demandé à la lune” qui a signé la renaissance – médiatique à tout le moins – de la formation française à l’aube du nouveau millénaire.

 

Ce premier volume de la Singles Collection comprenant 28 chansons bénéficiant non pas d’un lifting mais d’une sorte de cure de jouvence. “C’est difficilement explicable, précise Nicola Sirkis. Entre les années 80 et aujourd’hui, les studios ont changé. L’écoute et le matériel aussi. On voulait conserver les anciens morceaux, ceux des années 80, dans leur jus, avec leur son. On n’a donc rien retouché à l’enregistrement mais on les a reboostés, c’est-à-dire que nous avons fait en sorte que le niveau du son soit à peu près indentique que celui des derniers titres enregistrés en qualité numérique qui vont beaucoup plus fort. Rien n’a été remixé mais on a aligné les sons pour qu’il y ait une cohérence entre les 56 singles étalés 40 années.”

Indochine se met à nu

Pour effectuer ce travail, le chanteur a dû replonger dans la discographie du groupe avec à la clé d’étranges sentiments, dit-il. “Parce que je ne les écoute pas tous les jours, je n’entends que les défauts. J’ai aussi été en Allemagne où sont archivés les masters (les enregistrements originaux issus du studio, NdlR.). Ouvrir ces boîtes et écouter les bandes, c’est à la fois violent et comme si c’était hier. C’est très curieux. Je me suis demandé pourquoi j’avais fait une croix devant telle prise, etc.”

Cela fait quelques années à présent que la grande mode dans les maisons de disques et chez de nombreux artistes consiste à rééditer des albums avec des bonus, qu’il s’agisse de titres live ou d’inédits extraits des sessions d’enregistrements écartés des disques et de ce que l’on appelait les faces B. Les archives d’Indochine regorgent-elles de raretés du genre ? “Non, répond Nicola Sirkis. Parce que nous préférons jeter quand ça ne nous plaît pas. Mais il y a aussi des choses qui pourront être publiées un jour. Comme les premières démos, celles de Paradize, par exemple.”

© Sony

En revanche, Single Collection 2001-2021 contient quelques curiosités. Des petits pianos sans et avec voix. “C’est une personne qui nous a envoyé des instrumentaux. On a trouvé ça intéressant. Parfois, ça fait aussi du bien de s’effacer. C’est ce que j’ai fait. Il y a juste la mélodie voix interprétée au piano et les accords. C’est super joli, un peu comme du Agnès Obel.”

Le second volume, celui retraçant la première période d’Indochine, entre 1981 et 2001, sortira en novembre.