Musique & Festivals

Père récalcitrant de la bossa nova et chanteur de légende, le musicien brésilien est mort à 88 ans. La musicalité de son chant hypersensible ouvrit la voie au génie de Caetano Veloso, Gilberto Gil et Tom Zé, et son influence immense toucha jusqu’au jazz de Miles Davis.

Une bouteille d’eau, une guitare, un tabouret, il ne lui fallait rien de plus pour mettre l’Olympia à genoux. En ce soir de juillet 2001, João Gilberto enchaîna pendant près de deux heures trente les classiques. Les siens et ceux des autres, qu’il habitait comme nul autre. Pas un bruit dans le temple parisien transformé en une cathédrale de silence, et puis tout d’un coup, tous debout, dans un tonnerre d’applaudissements pour celui qui imposait l’écoute. Deux ans plus tard, ce sera un tout autre tintamarre, le boucan d’intermittents pas contents, qui vint gâter un éphémère moment qui aurait dû suspendre définitivement le temps : l’une des plus belles voix du siècle, seule dans le théâtre antique de Vienne. Samedi soir, on a appris la mort de cette légende absolue de la musique brésilienne à 88 ans par un message posté sur Facebook par son fils Joao Marcelo.

(...)