Musique / Festivals

On ne présente plus John Cale, assurera le monsieur Loyal du Gent Jazz, samedi soir, devant une assemblée en configuration assise. A la majorité du public présent, non, en effet. John Cale a 74 ans, les spectateurs sont plus proches de son âge que de la vingtaine. Mais il y a de (très) jeunes recrues, aussi. Espérons que leurs parents leur auront touché un mot du Velvet Underground et de ce que ce musicien hors pair, icône du rock, multiinstrumentiste et producteur de renom a façonné depuis plus de 50 ans!

En janvier dernier, John Cale livrait « M:FANS » (acronyme de Music for a new Society), en référence à son album sorti en 1982. A l'époque, « Music for... » possédait déjà un habillage instrumental tout à fait original (dépouillé à l'extrême avec peu de guitare et un piano hanté omniprésent). Cette fois, les nappes synthétiques surprennent. Quant au fond : musique pour une nouvelle société... Un monde nouveau? On n'en a pas vraiment vu la trace. Et on l'attend toujours. La deuxième décennie du 21e siècle sera-t-elle la bonne ? Rien ne le laisse présager...

Sur la scène du Gent Jazz, l'homme officie le plus souvent aux claviers. Celui qui a toujours été à l'avant-garde (il a côtoyé Brian Eno et Phil Manzanera) semble plus que jamais vouloir ancrer sa musique dans l'ère numérique. Il est entouré de Dustin Boyer à la guitare, de Joey Maramba à la basse et de Deantoni Parks à la batterie.

Depuis qu'il a entamé une carrière solo, John Cale a sorti une quinzaine d'albums studio. Il a de quoi agrémenter sa setlist... Depuis « Vintage Violence » (1970), son premier album solo, dont il extrait « Ghost Story » », qui vaut des exclamations de contentement du public, jusqu'à « Shifty Adventures in Nookie Wood » (2012) et un captivant « Hemingway », où l'on relèvera le beau travail effectué sur une version moderne du thérémine, un des plus anciens instruments de musique électronique. Sans oublier, bien évidemment, « Music for... » avec Chinese Envoy » et « Thoughless Kind ». John Cale use et abuse des bidouillages synthétiques - dans le domaine de l'électro-rock, nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, se distinguent. On citera aussi « Hunky Panky Nowhow » (issu de « Paris 1919 », son album le plus connu, sorti en 1973). A Gand, le choeur féminin qui l'accompagne a été préenregistré. Par moments (notamment sur « Time stands still »), la voix de Cale évolue dans le registre crooner, ce qui possède un indéniable charme.

Qui dit John Cale, dit Velvet. Du mythique groupe new-yorkais dont il a fait partie le temps de deux albums (The VU and Nico, White Light/White Heat), il livre une version dispensable de « Sunday Morning ». En rappel, par contre, on appréciera « I'm waiting for my man » et de bienvenus claviers entêtants.