Musique & Festivals

Bruxelles, le 26 mai 2018. La ville est bondée, plus joviale qu’à l’accoutumée, car ses ruelles étroites vibrent au son du jazz belge, et de la centaine de concerts gratuits programmés dans le centre-ville tout au long du week-end.

Place de la Chapelle, les badauds en quête de découverte s’attendent légitimement à apercevoir contrebasse, trompette ou clarinette. Un trio est bien présent sur la petite scène, mais une fois la sono allumée, c’est un riff de guitare puissant, une batterie lourde et des claviers psychédéliques qui se fraient un chemin jusqu’à leurs oreilles. Kel Assouf a pris possession des lieux, et son blues touareg inspiré tant par Led Zeppelin qu’Ali Farka Touré cloue littéralement le public sur place.

Formé à Bruxelles en 2006 par le chanteur guitariste nigérien Anana Harouna, le trio double les rythmiques traditionnelles sahéliennes d’une énergie rock’n’roll directement tirée des années 70. De quoi offrir une seconde jeunesse à un genre longtemps incarné par la légende Tinariwen, et plonger l’assistance dans une transe africaine.

"La musique m’a donné la parole"

Lorsque nous rencontrons Anana Harouna à Ixelles près d’un an plus tard, pour la sortie du troisième album du groupe intitulé Black Tenere, le musicien est pourtant d’une extrême discrétion. "Je suis un peu timide, reconnaît-il. Je ne m’exprime pas beaucoup. La musique m’a donné la parole, c’est ma façon à moi d’exprimer mes revendications politiques, de raconter l’histoire et les combats de mon peuple."

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