Musique / Festivals

Si comme toujours il se montre à la hauteur, on a rarement vu Stef Kamil Carlens aussi causant sur scène. Heureux, assurément, de fêter les 15 ans de son groupe Zita Swoon (cf. "LLB" 8/12) à l’AB, pour trois soirs, et d’y proposer de jolis "extras".

Le début du concert, très dépouillé, en est un. Seul avec sa guitare, le leader du groupe puise dans ses débuts, plutôt blues. Doucement, le propos s’étoffe : avec l’arrivée des voix féminines d’abord, et petit à petit des cinq musiciens. Le premier invité, le très discret John Parish, accompagne deux morceaux à la six-cordes. Tout en prenant son temps, le concert va crescendo, balayant la discographie de Zita Swoon, jadis Moondog Jr., jusqu’aux titres derniers nés "Lonely Place" (composé pour dialoguer avec les danseurs de Rosas) et "Wake up for the trees" (éclos cet été en festival). Ça groove ferme sur "Intrigue" dopé aux chœurs, percus cubaines et saxo - le nouveau venu du groupe avec la flûte traversière, qui, de notre point de vue, s’invitent avec un bonheur inégal dans les chansons.

Arno, second invité, se charge d’égratigner magistralement tout ça, de son harmonica et de sa voix rauque, convoquant les bluesmen Sonny Terry & Brownie Mc Ghee, et Mississippi Fred Mc Dowell. Trois titres bien déjantés plus loin, Tom Barman déboule, chaud comme une baraque à frites, ravivant, avec son ex-collègue Stef Kamil, la flamme dEUS ("Great American Nude") et le Velvet Underground ("Temptation inside of your heart"). Il n’y a plus qu’à boucler en beauté, sur le soufflant "Stamina". Quinze ans condensés en 2 h 15. Un concert fort, même si ce n’est pas le plus "punchy" qu’on ait vu de Zita Swoon.