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Musique & Festivals

L’orgue s’encanaille

Martine D. Mergeay

Publié le - Mis à jour le

Après le succès de la première édition, tenue l’an dernier à même époque, le bouillant Serge Schoonbroodt remet le couvert, animé par la même fièvre de communication et de partage : l’orgue est le plus beau des instruments, il est riche, généreux, ses possibilités sont infinies, il faut que tous puissent l’approcher et l’aimer. Et, observant - avec raison - que les concerts d’orgues traditionnels attirent toujours les mêmes publics, notre organiste-organisateur a imaginé des concerts alternatifs, répartis dans quelques lieux porteurs de la ville. Comme l’an dernier, une exposition - ouverte depuis le 14 mai sous le titre "Orgue en liberté" - permet une initiation concrète du public aux mystères de l’instrument, à son histoire et à sa facture; les manufactures d’orgues Schumacher et Thomas dévoileront certains secrets de fabrication avec tout le sérieux qui s’impose tandis qu’un surdoué de la case, Philippe Sadzot (mais est-ce vraiment son nom ?), présentera la désopilante BD que lui (au scénario et au dessin) et Serge Schoonbroodt, Hadrien Paulus, Eric Lemaire, Pierre Thimus (pour les explications) ont concocté à l’usage des jeunes de tous âges. Un chef d’œuvre.

Quant aux concerts, tenus vendredi et dimanche, ils alignent tout ce qu’on peut faire avec un orgue d’église qui ne soit pas de la musique religieuse, à peine de la musique classique, mais toujours festive et accessible. C’est "Pierre et le Loup" de Prokofiev qui ouvre la fête, avec le concours des marionnettes du Théâtre Al Botroule et des organistes Geneviève Chapelier et Patrick Wilwerth (Cathédrale). Dimanche, quatre concerts se succèdent, à partir du début de l’après-midi, tout d’abord en l’église Sainte-Marie des Anges, où étudiants des académies de Liège et organistes amateurs se sont donné rendez-vous pour une carte blanche. Danses nomades, ensuite, en l’église du Saint-Sacrement, avec Gereon Krahforst à l’orgue et Simona Jovic, à la danse.

La Compagnie Froidebise prend ensuite le relai, avec Anne Froidebise à l’orgue, Sophie Pirard au violoncelle et Jean-Pierre Froidebise à la guitare électrique, un effectif inhabituel et intriguant à découvrir. Enfin, le concert de clôture mêle le cinéma et l’orgue (un grand classique, pour le coup), avec les improvisations de Lászlo Fassang, à l’orgue, sur "Le mécano de la General" de Buster Keaton (en la salle philharmonique, en coproduction avec le Philharmonique royal de Liège, comme on dit maintenant). Avec la participation de Musiq’3 et de France Musiques.

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