La première demi-finale de la 64e édition du Concours Eurovision de la Chanson s’est déroulée mardi soir à Tel Aviv

Grosse déception pour la Belgique, lors de la première demi-finale de l’Eurovision qui se tenait hier soir à Tel-Aviv : Eliot, le jeune montois, repéré dans The Voice Belgique n’a pas réussi à passer le cap et n’ira donc pas en finale… Les pays retenus sont la Grèce, le Belarus, la Serbie, Chypre, l’Estonie, la République Tchèque, l’Australie, l’Islande, San Marin et la Slovénie. Des choix parfois étonnants mais qui sont ceux des votes des professionnels et du public des pays participants.

Avec un budget de 28,5 millions d’euros, Israël a mis les petits plats dans les grands pour accueillir la 64e édition du Concours Eurovision de la Chanson qui a commencé, à 21h pile, avec l’entrée en scène de la gagnante de l’année 2018: Netta. Le ton était donné d’emblée et la tradition respectée: le kitsch est toujours le bienvenu et n’a décidement pas de frontières.

Pour animer cette soirée sous haute surveillance, quatre animateurs, parmi lesquels la très belle Bar Refaeli (“Qui n’est pas un thon”, merci Jean-Louis Lahaye...), qui passent du français à l’anglais avec une facilité déconcertante. Normal: ce sont les deux langues officielles du Concours depuis sa création.

Chypre ouvre le bal avec un clone de Madonna choisi davantage pour son physique que pour sa voix est-on tenté de penser. Suit le Montenegro qui, pour sa 10e participation, mise sur une chanson et un groupe à l’ancienne. Rien à voir avec la Finlande qui, elle, compte sur un DJ bien connu (aux platines) et un comédien et animateur (en jean et blouson de cuir, tout se perd ma bonne dame) derrière le micro pour s’emparer de la victoire. Pologne et Slovénie, eux, ont choisi de chanter dans leur langue. Ce qui, dans des genres très différents, leur réussit plutôt bien. Place, ensuite, à la République Tchèque et un trio formé de trois garçons portant les couleurs… de la Belgique. Ce qui ne manque pas de faire réagir tous azimuts sur les réseaux sociaux. Idem pour le candidat suivant, celui de la Hongrie, qui a fait le choix de se présenter sur scène… pieds nus.

Qu'on aime ça ou pas, l'Eurovision est aussi une manière de découvrir les différences culturelles entre nos différents pays d'Europe (et de plus loin). Ainsi le Belarus qui a envoyé sur scène la jeune Zena, sorte de Britney Spears locale, en cuisardes et look un peu manga qui semble ravir l'assistance. Et, sans transition aucune - c'est le principe - on plonge dans la douceur (et un certain mauvais goût dans la tenue) de la Serbie. Qu'on écoute d'une oreille distraite, il faut bien l'avouer, puisque ce qui nous importe, c'est qu'Eliot, qui défend nos couleurs, est le suivant sur la liste…

Que dire? Qu'il a l'air un peu stressé - on le serait à moins - mais qu'il monte en puissance tout au long de sa prestation. Dommage, comme l'ont souligné de nombreux internautes, qu'il n'ait pas opté pour un costume de scène plus, comment dire, ajusté? Mais c'est un détail. Et après avoir entendu ce qu'on a entendu depuis le début de la soirée, il a largement sa place en finale, le jeune montois repéré dans The Voice Belgique.

Que retenir encore de cette première demi-finale? La prestation aérienne et décalée de l’Australie, en apesanteur, dans une superbe mise en scène. Côté chanson, en revanche, on n’est pas convaincu... Le public, par contre, est complètement séduit, si l'on en croit les cris et les applaudissement qui saluent Kate Miller-Heidke et son titre "Zero Gravity". Et puis, il y a eu les Islandais d'Atari. Un mix entre Rammstein et Kiss. Mais façon SM. Ca se déchaîne sur les réseaux sociaux et c'est plutôt rigolo.

Hasard du tirage au sort, l'Estonien qui les suit a l'air de sortir d'une sitcom tant il est propre sur lui, malgré son perfecto de "bad boy". Sa chanson est de celle qui pourrait séduire, calibrée à la perfection pour séduire un vaste public.

Le Portugal - vainqueur il y a deux ans - tente tout autre chose cette année avec un drôle de lascar portant un masque ou une fausse barbe, au choix, faite de plastique. Déroutant. Quant à la chanson, on l'a oubliée sitôt entendue. En revanche, la chanson de la Grèce, qui a pris le parti de la douceur, a quelque chose de très entêtant et la prestation de Katerine Duska ne souffre d'aucune fausse note. Enfin, c'est San Marin qui referme cette première demi-finale. "Say na na na". Ou plutôt "Say no no no"…

C'est l'heure, maintenant, de passer aux votes. Les jurys "professionnels" ont déjà attribué leurs points. C'est au tour du public de passer à l'action et de voter pour son pays favori - à l'exception du sien, évidemment. Pour patienter, on nous ressort Dana International, qui avait offert la victoire à Israël en 1998. C'est là qu'on trouve le temps long, très long… Pour, finalement, ressortir déçus de ne pas voir notre petit pays accéder à la finale, qui se déroulera samedi soir à Tel Aviv, toujours, en présence de Madonna.