Au moins cinq femmes ont mis en ligne quasi simultanément, sur leur compte instagram, des accusations visant Brian Hugh Warner de son vrai nom.

Evan Rachel Wood, 33 ans, affirme que le chanteur l'a "manipulée psychologiquement" alors qu'elle n'avait pas encore 20 ans. Elle dit avoir ensuite été soumise "à d'horribles abus durant des années".

La comédienne, remarquée dans la série "Westworld", a été officiellement en couple avec Marilyn Manson pendant plusieurs années, avant leurs fiançailles, en 2010, rompues quelques mois plus tard.

En 2018, l'actrice avait témoigné devant la Commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants, évoquant son long calvaire de victime d'abus psychologiques et physiques.

Dans son message publié lundi, elle révèle que son agresseur, dont elle avait refusé de donner le nom à l'époque, est Brian Hugh Warner. Au Congrès, elle avait notamment affirmé avoir été violée à plusieurs reprises.

Quatre autres femmes, qui disent avoir chacune eu une relation amoureuse avec lui, ont accusé lundi l'artiste de manipulation, harcèlement, mauvais traitements et menaces.

L'une d'entre elles, dont la relation a débuté en 2015, évoque aussi plusieurs viols.

Aujourd'hui âgé de 52 ans, Marilyn Manson s'est créé un personnage public à l'image inquiétante, d'inspiration gothique, maquillé, portant deux lentilles différentes, avec cheveux de jais.

Le nom même de ce qui était au départ un groupe mais se résume désormais à sa personne est inspiré de Marilyn Monroe et du gourou Charles Manson, qui provoqua le meurtre de l'actrice Sharon Tate.

Son universal musical, le "shock rock", combine le rock metal avec un goût de la mise en scène spectaculaire pour saisir son public.

Les femmes qui ont témoigné lundi, dont beaucoup sont d'anciennes groupies, dépeignent un personnage à la fois séducteur et manipulateur, capable de les attacher, de les menacer de mort ou de les forcer à prendre des drogues.

Plusieurs des victimes présumées affirment souffrir de troubles du stress post-traumatique.

"J'en ai fini de vivre dans la peur des représailles, de la calomnie et du chantage", a écrit Evan Rachel Wood. Sollicités par l'AFP, ni le porte-parole, ni l'avocat du chanteur n'ont donné suite dans l'immédiat.