C’est sous une véritable chape de plomb que le Graspop a clôturé sa 24e édition.

Après avoir quitté Slipknot aux aurores, ils étaient déjà beaucoup moins nombreux sur le coup de midi à se rassembler pour apprécier les premiers concerts de la journée.

C’est aux britanniques de FM qu’est revenu la lourde tâche d’ouvrir les hostilités.

Sous plus de 30 degrés, Deadland Ritual a rapidement mis les horloges à l’heure. Le super-groupe monté par Geezer Butler rassemble du très beau monde puisque Steve Stevens, le guitariste attitré de Billy Idol, Matt Sorum, l’ancien batteur des Guns n’ Roses et Franck Perez (ex-Apocalyptica) accompagnent l’ancien bassiste de Black Sabbath.

Inutile de vous dire qu’outre les compositions propres de ce nouveau groupe, les musiciens se sont baladés dans leur discographie respective dispensant un Rebel Yell par ci ou un Neon Knights et War Pigs par là...

La température n’a cessé de grimper jusqu’à atteindre des chaleurs insupportables. Et que dire des pauvres musiciennes de Nashville Pussy obligées comme beaucoup d’autres à se produire sous les chapiteaux.

Il y a avait matière à déshydratation et les organisateurs n’ont cessé d’envoyer leurs recommandations de prudence aux festivaliers...

Les Français de Gojira ont bien tenté de lever la légitime apathie qui s’est emparée du public assommé par cette chaleur accablante en interprétant successivement des titres comme Oroborus, The Shooting Star, Flying Whales soutenus par des effets pyrotechniques que les musiciens, de leur propre aveu, ont même hésité à les utiliser.

In Flames a encore fait monter la température d’un cran pour le plus grand plaisir d’un public qui ne demandait qu’à vibrer sur les riffs surpuissants de Voices ou Monsters in the Ballroom. Avec un son qui fleurait bon le Back to the roots !

Des vétérans à la peine

Si les vétérans ont distribué des claques vendredi, David Coverdale en a pris une belle dimanche. Le chanteur n’a plus sa voix d’antan et c’est peu de l’écrire. Même survitaminé par une ligne rythmique suramplifiée, le bougre n’est pas apparu au mieux de sa forme malgré un répertoire qui a passé en revue tous les grands classiques du Serpent blanc (Slide it in, Love Ain’t no stranger, Slow and easy, Is This Love ?, Still of the night). On peut avoir été et ne plus être. Quel dommage pour une légende comme Whitesnake...

Rob Zombie a clôturé sa tournée au Graspop. L’artiste aux mille facettes (ndlr: il est aussi producteur de cinéma) s’est époumoné à donner le meilleur de lui-même sans parvenir à gagner l’adhésion totale du public. Il faut bien avouer que l’intérêt de son show était plus visuel que réellement musical même si des titres comme Living Dead Girl et More Human than Human sont restés tout autant percutants ainsi que le Hey Ho Let’s Go piqué au répertoire des Ramones... Les grands écrans installés sur la scène ont d’ailleurs diffusé plusieurs images de 3 from Hell, le film que l’homme a lui-même réalisé et qui sortira dans plusieurs mois sur les grands écrans pour faire suite à La Maison des 1001 nuits et Thé Devil’s Rejects sortis il y a une quinzaine d’années.

À l’inverse de David Coverdale, Joe Elliott a, lui, conservé de beaux restes vocaux. Les musiciens ont aussi performé et se sont montrés irréprochables dans leurs interprétations. Mais c’est plutôt la musique de Def Leppard qui a mal vieilli auprès des plus jeunes oreilles. Et les titres comme Let’s Get Rocked, Animal ou Love Bites et When Love & Hate Collides ont eu du mal à trouver écho au public plus enclin à recevoir les riffs explosifs d’un Sabaton qui a utilisé tous les artifices pour illustrer ses textes exclusivement rédigés autour du thème de la guerre.

Barbelés, chars qui tirent, le public est immédiatement rentré dans la bataille quand les canons ont retenti pour entonner Ghost Division. Le ton était donné.

Le groupe a même fait appel à une vingtaine de choristes vêtus d’uniformes militaires pour reprendre le refrain de plusieurs titres dont Fields Of Verdun à la façon des chœurs de l’Armée rouge.

Il était temps de rendre les armes. C’est justement ce à quoi était destiné Kiss dont la tournée d’adieu est passée par Dessel.

C’est aussi sous les coups de canon que les quatre musiciens masqués ont atterri depuis leur plateforme aérienne au son de Detroit Rock City avant d’enchaîner avec Shout it Loud...

Malheureusement, le son étouffé de la sono et la voix diminuée de Paul Stanley ont quelque peu gâché l’entrée en matière des héros de la soirée...

Il aura fallu attendre Deuce et le chant de Gene Simmons pour entrer dans le vif du sujet...