Musique / Festivals La tournée nord-américaine du Belge débute ce samedi, à Miami. Parviendra-t-il à conquérir le Nouveau Monde ?

"Je serai de retour en septembre !", avait annoncé le chanteur, sur Twitter, début août. Le dandy belge ayant dû annuler plusieurs concerts de sa tournée africaine (dont un au Rwanda, pays d’origine de son père) en juin pour des raisons médicales.

Après avoir conquis l’Europe, Stromae s’attaque donc aux USA (avant le monde ?) après sa prestation remarquée au festival Coachella en avril dernier ou encore sur le plateau du Jimmy Kimmel Live ! Ce samedi 12 septembre 2015 (à Miami) marque le début de sa tournée nord-américaine, forte d’une dizaine de dates entre Miami (ce samedi), Atlanta, Washington, Boston, Chicago, Toronto et Montréal, pour se terminer le 1er octobre prochain à New York, en pleine semaine ministérielle de l’Assemblée générale de l’Onu, dans la mythique scène du Madison Square Garden. Une prouesse pour un artiste belge de seulement 30 ans. La France a Christine and the Queens - Héloïse Letissier, surnommée la Stromae au féminin, venant de sortir le premier single (No harm is done) de la version américaine de son album -, la Belgique, elle, a Stromae.

Un public "essentiellement francophone"

À la conquête des États-Unis, Paul van Haver - de son vrai nom - a d’ailleurs dévoilé ses ambitions en publiant une vidéo de son tube Papaoutai en mode new-yorkaise. Sorte de teaser de sa tournée US, le clip (retweeté par l’acteur américain en vogue et mari de Mila Kunis, Ashton Kutcher) est à l’image de son interprète : décalé. Le dandy, en installant son synthé pour expliquer (en anglais, s’il vous plaît !) comment il a conçu son hit (lequel est aussi sous-titré), se balade dans les rues, les taxis et le métro de Manhattan. Si beaucoup d’Américains ignorent encore qui est Stromae, il ne semble pas totalement inconnu au bataillon. Outre Madonna ou Lorde qui lui font des éloges dans son propre clip, Will.i.am ou encore Kanye West ont déjà succombé à notre concitoyen.

Fort d’un album (Racine carrée) élu meilleure vente en France et en Belgique en 2013 et 2014, ce Formidable artiste sera-t-il à la hauteur de ses ambitions et, par conséquent, arrivera-t-il à remplir toutes ses dates ? "La seule chose que l’on peut vous dire, c’est que cela se vend plutôt bien pour l’instant, assure un représentant du Madison Square Garden, joint par téléphone. Ce qui est étonnant pour un artiste francophone." Même son de cloche du côté des (re) ventes de tickets sur les sites internet américains, superbillets.com en tête. "Ça se vend assez bien, même s’il s’agit essentiellement de francophones. Sûrement des expatriés, exilés ou des vacanciers qui n’ont pas eu l’occasion de le voir chez eux. Mais on sent aussi qu’il y a des Américains curieux de le découvrir."

Selon nos dernières informations, deux dates (Atlanta et Boston) sont déjà sold out et le concert de Miami de ce samedi a même du prévoir une salle plus conséquente suite à la demande (les prix commençent à environ 40 euros la place, comme en Europe). Quant à Philadelphie, le concert aurait été annulé -on n'en connait malheureusement pas les raisons- mais le Madison Square Garden serait déjà presque sold out (comme la plupart des autres dates nord-américaine d'ailleurs). Bref, de (très) bonne augure pour poursuivre son rêve américain.

Avec une capacité de 20.000 places pour son apothéose au Madison Square Garden (et une affiche qu’il partagera avec la diva soul Janelle Monae), autant dire que Stromae a de l’ambition à l’étranger. Le Belge espère au moins faire aussi bien que son compatriote Gotye (qui avait David Byrne et St. Vincent en guest) en septembre 2012. À savoir environ 18.000 personnes. "Good luck !" comme on dit là-bas. Même si, à première vue, son anonymat ne devrait pas durer très longtemps…


Seul Gotye devance Stromae

Paul van Haver n’est pas le seul francophone à avoir foulé le mythique Madison Square Garden

Mais vu que le Brugeois Gotye - Wouter De Backer de son vrai nom et connu pour son tube interplanétaire Somebody That I Used To Know - est à moitié australien, Stromae peut être considéré comme le premier artiste belge à se produire dans la légendaire salle new-yorkaise. Ce sera le 1er octobre prochain.

Et le moins qu’on puisse écrire, c’est qu’une panoplie de vedettes internationales a performé sur cette scène qui fut, entre les compétitions de NBA ou de boxe, la toute première patinoire artificielle d’Amérique du Nord à ses débuts (1879).

De Bing Crosby et Bob Hope en 1968 à Lady Gaga, Madonna ou Céline Dion en passant par Jimi Hendrix, The Rolling Stones, Elvis Presley, Frank Sinatra, Michael Jackson, Paul McCartney et on en passe, The Garden - en langage familier - est considéré comme le temple de la musique. Une consécration pour tout artiste.

Et ce n’est pas Charles Aznavour ou Phoenix qui diront le contraire. Ceux-là étant les seuls francophones de tous les temps à avoir foulé la scène du Madison Square Garden. Le groupe d’indie pop-rock, originaire de Versailles, a surpris son assemblée non seulement par un concert dantesque accompagnant son album Wolfgang Amadeus Phoenix mais surtout en invitant les visionnaires Daft Punk en rappel. Entre artistes de la French Touch, on se comprend. Et carton plein, évidemment.

Quant à l’interprète de La Bohème , il y a fêté son anniversaire l’année dernière, le 20 septembre, lors de sa tournée des 90 ans. Standing ovation de la foule new-yorkaise pour le monstre sacré de la chanson française.