Musique / Festivals La Jazz Station, le théâtre Marni et l’espace Senghor se partagent 14 concerts de jazz jusqu’au 26 janvier.

Il y a tellement de variété de jazz, aujourd’hui, qu’on ne peut plus dire ‘Je n’aime pas le jazz’" s’amuse Kostia Pace. "Il suffit de trouver celui qui correspond à ses goûts." Le directeur de la Jazz Station (Saint-Josse) a de quoi être enthousiaste. Au cours des deux prochaines semaines, Bruxelles aura des allures de gigantesque magasin de bonbons pour les amateurs du genre. Moins de vingt-quatre heures après le lancement du Brussels Jazz Festival de Flagey (lire "LLB" du 10/01), voilà que s’ouvre une deuxième série de concerts entièrement consacrée au genre dans la capitale : Le River Jazz, qui va considérablement alourdir l’agenda des mélomanes.

"Les deux festivals sont très différents, et donc, totalement complémentaires", poursuit Kostia Pace, qui co-programme l’événement avec le Théâtre Marni (Ixelles) et l’Espace Senghor (Etterbeek). "Nous avons voulu conserver un ancrage très local. Nous convions beaucoup d’artistes belges, souvent bruxellois, jamais de superstars, et certains noms internationaux qui viennent pour la plupart de France où la scène est extrêmement dynamique également, de nos jours."

Jeunes et moins jeunes

Petite spécialité locale, la River Jazz Night, qui verra le saxophoniste Nicolas Kummert donner trois concerts successifs dans chacune des trois salles bruxelloises à 18 h, 20 h et 22 h, le 26 janvier. Bien avant cela, Bruno Castellucci, Fabrice Alleman, Ivan Paduart, Jan de Haas et Theo De Jong rendront hommage au jazz fusion du quintet Steps Ahead (12/01), l’inévitable Antoine Pierre sera de passage avec son projet "Urbex", qui intègre pour l’occasion le flûtiste hexagonal Magic Malik (25/01), et la légende Aka Moon s’arrêtera au Marni le 23.

"Nous faisons extrêmement attention à ne pas tomber dans le piège du jeunisme", poursuit Kostia Pace. "Énormément de projets émergent, aujourd’hui, mais des musiciens confirmés peuvent être extraordinairement dynamiques et novateurs. Aka Moon n’en est que l’exemple le plus marquant." Autre particularité de ce festival pointu, qui réfute toute volonté de viser un public d’habitués, son incitation à la prise de risques. "Il y a une vraie volonté d’aller titiller la curiosité des spectateurs" confirme le directeur de la Jazz Station. "Depuis quelques années, le public a tendance à aller écouter essentiellement ce qu’il connaît déjà. On veut amener notre audience vers des choses nouvelles. C’est encore la meilleure façon se cerner ce que l’on aime le mieux." Ce qui explique que l’on y retrouve des projets aussi éloignés que le trio Peirani - Casagrande - Ravitz, le jazz manouche des Doigts de l’Homme et les envolées blues mélancoliques du guitariste israélien Yonathan Avishai.Valentin Dauchot

---> River Jazz Festival, à la Jazz Station, l’Espace Senghor et le Théâtre Marni du 11 au 26 janvier. www.riverjazz.be