Les événements de 400 personnes sont autorisés. Paradise City, Werchter, LaSemo mais aussi le Fuse et les soirées Fifty Fifty en profitent. Petit tour d'horizon non-exhaustif.

Qu'il fait bon quitter une petite route de campagne, croiser un steward assoupi à côté d'une barrière nadar, et se retrouver nez à nez avec un parking bondé. En 2019, tout cela aurait été agaçant, mais ça, c'était l'année passée. En 2020, après un désert culturel et événementiel long de deux mois, on a presque envie d'aller faire un câlin au premier agent de sécurité que l'on voit, alors qu'on ne peut précisément pas, et que lui n'est sans doute pas demandeur. 

Passé un Graspop 100% digital le week-end dernier, Paradise City s'est offert l'immense honneur d'ouvrir la saison des festivals, mercredi soir. "Pour de vrai" a-t-on envie d'écrire : avec de vrais gens, une vraie plaine, une vraie grande bière et une vraie scène.

© JL Flemal

Le cadre, absolument magnifique, du château de Ribaucourt à Steenokkerzeel, a logiquement été adapté pour l'occasion et le respect des règles sanitaires, qui autorisent depuis le 1er juillet les événements de maximum 400 personnes en extérieur. Selon Gilles De Decker, qui coorganise le festival, plus de 18.000 personnes ont participé au concours organisé la semaine dernière pour assister aux festivités. Un peu moins de 300 d'entre elles ont été tirées au sort et réparties par "bulles" sur les trente-cinq bateaux de huit places, conçus par les organisateurs pour cette édition spéciale, déclinée sur deux soirées. 

Lesdits bateaux ressemblent plutôt à des grosses barques posées sur des bidons, mais l'ensemble tient joliment la distance et impose judicieusement une certaine distanciation aux fêtards, qui se dandinent gentiment sur la musique électronique diffusée depuis la scène terrestre. "Les artistes sont payés" insiste Gilles De Decker. "Moins que d'habitude mais quand même. Ca permet à tout le monde de bosser un petit peu, et franchement, ça fait du bien".

© JL Flemal

Rock Werchter à table, LaSemo en forêt

Comble d'un "été sans festivals", la deuxième soirée de Paradise City aura même un solide concurrent, ce jeudi soir, puisque Rock Werchter organisera dès 15h30 ses propres concerts distanciés. Le festival de tous les superlatifs ne pouvait pas laisser passer une occasion de se distinguer. Du 2 au 25 juillet, d'illustres artistes flamands comme Selah Sue, Bazart, The Blackbox Revelation ou Arno donneront donc eux aussi une série de concerts sur le site habituel du festival, devant 400 badauds ayant fait l'acquisition d'un ticket. Tous seront répartis par tables, comme les clubbeurs du Fuse, qui s'offriront une petite sortie en plein air - techno - sur le site de Tour et Taxis (Bruxelles), du 9 au 13 juillet. 

Chacun sa personnalité, chacun sa formule, chacun son inventivité.

Dans le genre, LaSemo frappe plutôt fort avec les vingt-quatre balades champêtres et musicales qui se tiendront les vendredi 10 et samedi 11 juillet dans le Parc d'Enghien. "Nous avions initialement proposé quatre promenades" se réjouit Samuel Chappel, qui organise l'événement. "Tout a été sold out en un jour. Nous en avons ajouté quatre, complètes en une heure. Et les dernières partent relativement vite." Le principe est bucolique. Chaque groupe de 240 personnes maximum fait une petite promenade de 3h30, entrecoupée de quatre haltes artistiques - assises - de 20 minutes chacune : deux concerts et deux spectacles d'arts de rue. "Ce à quoi nous avons encore ajouté une étape "musique classique" poursuit Samuel Chappel. "Un espace bar et Food Trucks sera accessible, avec distanciation, en début et fin de parcours."

Pour répondre à la demande, l'équipe de LaSemo a en outre décidé d'inclure dans l'ensemble, des balades nocturnes avec bougies, flambeaux, et concerts. "On voit bien qu'il y a un besoin de se retrouver, de vivre de la culture en live" ajoute l'organisateur qui a fait le choix de proposer des places à la vente et non sur concours. "La moitié du public est composée d'habitués, l'autre de nouveaux venus. Il y a des familles, des enfants, et c'est très bien, car eux aussi ont souffert durant le confinement." 

Les amateurs de jazz seraient quant à eux bien avisés d'aller jeter un œil sur les sites web du Gent et du Gaume Jazz Festival, qui ont, eux aussi, mis en place une formule confinée. Sans oublier les soirées Fifty Fifty qui organiseront chaque semaine dès le jeudi 9 juillet, des showcases bruxellois au cœur du Parc Royal, en collaboration avec sept de nos festivals nationaux. 

On a beau pousser la culture dans ses derniers retranchements, elle trouvera toujours un moyen de s'adapter et d'exister.

Infos : www.paradisecity.be, www.rockwerchter.be , www.lasemo.be , www.fuse.be , www.gentjazz.com, www.gaume-jazz.com