"Live Earth", un concert planétaire de 24 heures destiné à sensibiliser l'opinion contre le réchauffement climatique, a entamé samedi son tour du monde, le Japon prenant le relais de l'Australie, continent le plus sec de la planète et un des fronts critiques de la lutte.

"On entend maintenant beaucoup parler du réchauffement climatique. C'est vraiment l'affaire de tous", a lancé à une dizaine de milliers de spectateurs réunis dans la banlieue de Tokyo la star japonaise Ayaka, invitée du concert avec notamment le groupe de hard-rock américain Linkin Park.

Le coup d'envoi officiel des huit méga-concerts qui auront lieu de par le monde, auxquels est venu s'ajouter un spectacle surprise à Washington, a été donné peu après 11h00 locales (01H00 GMT) à Sydney, avec un spectacle de danse et de musique aborigènes, suivi d'un concert aux influences latino-africaines du groupe australien Blue King Brown.

"Merci d'être les tout premiers à lancer le mouvement", a déclaré dans un message retransmis sur écrant géant l'ancien vice-président américain Al Gore, un des grands animateurs du projet, à des milliers de spectateurs réunis dans un stade de la première ville australienne.

"Votre voix compte, faites-la entendre", a ensuite lancé à la foule dans un message pré-enregistré Peter Garrett, ancienne star du groupe australien Midnight Oil, reconvertie à la politique.

L'Australie, déjà le continent le plus sec de la planète, est un des fronts critiques de la lutte contre le réchauffement climatique. L'immense pays, déjà en grande partie recouvert de désert, subit actuellement la plus sévère sécheresse de son histoire, que beaucoup relient à la hausse de la température terrestre.

"Live Earth" doit se poursuivre tout au long de la journée par des méga-concerts réunissant le gotha mondial de la musique. Les plus importants spectacles seront tenus à Tokyo, Shanghaï, Hambourg, Londres, Johannesburg, New York et Rio de Janeiro, sans compter un concert surprise rajouté vendredi à Washington, avec notamment Madonna, Police et Metallica.

Outre ces concerts géants, sept milliers d'événements seront organisés sur l'ensemble du globe, jusqu'en Antarctique où un groupe amateur organisera un concert dans une station scientifique britannique. L'opération sera visible en direct dans le monde sur les chaînes de télévision et sur internet (http://liveearth.msn.com) et devrait réunir deux milliards de spectateurs, espèrent les organisateurs.

Al Gore, infatigable porte-parole de la lutte contre le réchauffement climatique, a appelé dans son message diffusé à Sydney à un changement radical des comportements, aussi bien des politiques que des simples citoyens.

L'ancien vice-président démocrate a dressé la liste d'un engagement en sept points appelant chacun à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à faire pression sur les dirigeants du monde pour qu'ils signent un traité international d'ici deux ans visant à réduire la pollution au CO2 de plus de la moitié, à temps pour que la prochaine génération puisse bénéficier d'un environnement plus sain.

Al Gore espère que "ce SOS" soit le début d'une vaste campagne que son organisation, The Alliance for Climate Protection, bénéficiaire des profits de "Live Earth", compte mener sur trois ans pour finir de rallier le monde et contribuer à atteindre un point d'orgue capable de faire bouger politiques et entreprises.

L'organisation de "Live Earth" n'a pas été sans péripéties, avec notamment l'annulation du concert d'Istanbul, en raison de moyens financiers insuffisants et par crainte de terrorisme. Ce sont également des motifs de sécurité qui ont bien failli faire avorter le concert sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.