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Attendu depuis le printemps, Mon pays c'est l'amour est de sortie ce vendredi. Sous son titre qui paraît nunuche, ce 51e album studio réaffirme l'appartenance indéfectible au rock. Ça ne change pas, un Johnny...

Le 21 octobre 2016, jour de la sortie de l'album en public de la tournée Rester Vivant, Johnny Hallydday a annoncé la préparation d'un nouvel album studio, avec ceux qui l'accompagnent en studio et sur scène depuis quelque temps déjà, Yodelice (Maxim Nucci) et Yarol Poupaud, le guitariste, frère de l'acteur Melvil. Sortie prévue, 2017. La vie en a voulu autrement, et l'album sort précisément deux ans plus tard. Au vu de la castagne entre héritiers, on a bien cru qu'il ne paraîtrait jamais, tout en se disant qu'avec les intérêts qu'il y a derrière…

S'il ne brille pas par l'originalité de son titre, Mon pays c'est l'amour s'inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs. Pour la petite histoire, il est le quatrième, sur cinquante et un, à mentionner le terme « amour » dans son titre, après Rêve et amour (1968), Derrière l'amour (1976), De l'amour (2015), sans compter Je t'aime Je t'aime Je t'aime (1974).


De Los Angeles à Suresnes

Johnny a commencé à enregistrer les voix en mars 2017, peu après l'annonce de sa maladie. Soigné à Los Angeles, c'est là aussi qu'il travaille, dans ses studios habituels, l' Apogee à Santa Monica puis au CenterStaging de Burbank. De l'avis unanime, la tournée des Vieilles Canailles, avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, l'aide à tenir debout. Celle-ci passera le 11 juin 2017 par le Palais 12 à Bruxelles, dernière scène de Johnny en Belgique. Puis retour en France, à un nouveau traitement et au studio Guillaume Tell à Suresnes. Le travail est loin d'être terminé lorsque le chanteur, à bout de force, s'éteint le 5 décembre 2017, à 74 ans, dans sa maison de Marne-la-Coquette.

Entre-temps, les musiques ont été enregistrées, en août, à Los Angeles, avec des musiciens de choix, Dean Parks et Val McCallum aux guitares, Brad Cole aux piano, orgue et claviers, Davey Faragher à la basse et Matt Chamberlain à la batterie. A côté de cette formation rock de base, plusieurs titres ont droit à des choeurs et des cuivres comme toujours magnifiques, et le fidèle orchestrateur Yvan Cassar met en boîte les cordes et vents à Londres.

800 000 exemplaires mis en place

La plupart des musiques ont été écrites par Maxim « Yodelice » Nucci, certaines coécrites avec Yarol Poupaud. Comme pour ses précédents albums studio, Johnny a fait appel à plusieurs auteurs. Certains sont déjà passés dans son univers, comme Christophe Miossec (Back in LA), Pierre Jouishomme, Jérôme Attal, Pierre-Dominique Burgaud, qui adapte Let The Good Times Roll (JD McPherson) en Made In Rock'n'Roll. Et, comme à chaque fois, quelques nouveaux venus, Yohann Mallory/Hervé Le Sourd, Katia Landreas. Johnny a toujours eu le don d'attirer les jeunes générations que, d'un côté, il fascinait en tant qu'icône inoxydable et auxquelles il garantissait une part de son énorme succès. Warner a annoncé la mise en place 800 000 unités du nouvel album.

Parmi les nouvelles plumes, Boris Lanneau, un fan de Johnny qui a tenté sa chance en envoyant des textes à Bertrand Lamblot, directeur artistique de Warner Music France, la maison de disques du chanteur depuis sa rupture avec Universal en 2005. Banco ! L'un d'entre eux, Tomber encore, est l'une des réussites de ce testament musical. Piano caracolant, surligné d'orgue, rythme insistant, Tomber encore n'est pas la première chanson de Johnny à se référer à Bruce Springsteen…

À l'image du personnage

Quand un auteur écrit pour Johnny Hallyday, il entre dans l'univers de l'interprète dont il développe les thèmes de prédilection : rêves d'Amérique, de paysages fantastiques, amours cabossées, rage de vivre, racines rock'n'roll… Et comme Les portes du pénitencier, depuis longtemps, se sont refermées, il décrit l'univers carcéral dans 4 m². Ça ne change pas, un Johnny...

L'écoute de ces chansons, au coeur du dernier combat de Jean-Philippe Smet pour la vie, reste très émouvante. La voix du chanteur n'a rien perdu de sa présence qui en jette, dans le rock'n'roll comme dans la ballade épique (Pardonne-moi). Interlude, instrumental par un grand orchestre qui coupe l'album en deux, rajoute son entière émotion. Johnny dit adieu à son public en chantant tout simplement Je ne suis qu'un homme. Il y a loin, bien sûr, des maquettes laissées par le chanteur à l'album finalisé. Lui qui s'impliquait dans ses enregistrements, aurait-il été satisfait du résultat ? Il se dit qu'il avait lancé des pistes au cours de discussions avec Maxim Nucci et Yarol Poupaud…

Clap de fin sur la carrière studio de Johnny Hallyday, 57 ans après la sortie de Nous les garçons, nous les filles (1962). Il manquera toujours quelque chose à la sortie de Mon pays c'est l'amour : l'annonce d'une nouvelle tournée d'un formidable interprète pour qui la scène, c'était la vie.


Mon pays c'est l'amour, Johnny Hallyday, réalisation artistique Yodelice, mixage Bob Clearmountain, album vinyle, CD, en ligne, Warner Music.


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