Musique / Festivals

Les 26es Nuits Botanique s’ouvrent mardi à Bruxelles. Avec 52 concerts en treize jours, elles ont largement de quoi faire plaisir.

Plus tout à fait dans le défrichage de la première heure, loin de la course aux têtes d’affiche, les Nuits Botanique ont parfois eu tendance à chercher leur place, ces dernières années. Mais cette 26e édition donne le sentiment de proposer une ligne claire en synthétisant idéalement les tendances de l’année écoulée. Faute d’être impressionnantes, ces Nuits sont éclectiques, cohérentes et intéressantes.

On y retrouve logiquement et massivement la nouvelle garde électro-pop française. De la révélation Vendredi Sur Mer au génial Flavien Berger, en passant par Aloïse Sauvage, Johan Papaconstantino et Voyou, auxquels il faut ajouter quelques belles têtes d’affiche hexagonales comme Bertrand Belin, Lou Doillon et Jeanne Added. La scène belge n’est pas en reste avec la pop délicate de Claire Laffut, la glam-pop de Mustii qui se produira en version revisitée, la soul de Tanaë et la révélation flamande, Portland. Sans oublier, enfin, deux des meilleurs représentants de notre scène jazz contemporaine, soit Esinam (lire notre interview) et Black Flower.

Le reste de l’affiche part un petit peu dans tous les sens. On y retrouve un poil de musique électronique avec la venue de Kompromat, association enthousiasmante de Vitalic et Rebeka Warrior, ou le surcoté mais populaire Worakls, dont la prestation avec orchestre affiche d’ores et déjà sold out. Les amateurs de nouvelles sensations seraient bien inspirés d’aller tendre l’oreille vers les synthétiseurs de Monolithe Noir et l’électro glaçante de Coucou Chloé, aux performances nettement plus surprenantes. Ajoutons à cela trois ou quatre belles soirées rock’n’roll, qu’il soit lourd (Ho99o9, Zeal and Ardor, Lysistrata, Brutus), psychédélique (Altin Gün) ou totalement délirant (Bakar).

Les nombreux fans de rap se donneront sans doute rendez-vous pour les sets de Giorgio et Kikesa. Ils auraient toutefois tort de manquer la révélation belge de l’année (Glauque) ainsi que la fantastique Kate Tempest, au flow merveilleusement acéré. Restent les inclassables : la pop rétro de Weyes Blood, le groove funky de l’Impératrice, l’électro soul de Martha Da’ro, les cinglés de Raketkannon et les tout aussi cinglés de Salut C’est Cool avec leur techno kitsch. Puis, enfin, nos ultimes coups de cœur : le Québécois Hubert Lenoir qui semble ressusciter T-Rex, Bowie et Prince en français, l’univers folk onirique de la norvégienne Girl In Red, le rock indé de Panda Bear, l’intégrale des sonates pour piano de Prokofiev par le pianiste Stephane Ginsburgh, et les frasques expérimentales de l’ovni Yves Tumor. Bref, avec 52 concerts en treize jours, ces "Nuits" ont largement de quoi vous faire plaisir.

Les Nuits Botanique, au Botanique (Bruxelles), du 23 avril au 5 mai. Infos : www.botanique.be