Il règne comme une ambiance curieuse, ce samedi au Pukkelpop (Hasselt). Même si nous n’avons pas vu les fameux drapeaux flamingants distribués par les jeunes du Vlaams Belang devant l’entrée du festival, et que personne ne nous a sauté dessus en nous entendant converser en français, difficile de se sentir totalement à domicile. Le public est jeune, très majoritairement flamand, relativement imbibé, et donc, porté sur les dérapages stupides en tous genres.

Plus qu’ailleurs, le flamingantisme est revendiqué, parfois affiché, et chaque édition compte son lot de faits tristement marquants, des « handjes kappen in Congo » de 2018 à l’agression d’Anuna De Wever cette année. Oui, le jeune flamand du Limbourg est sans doute nationaliste, répète les propos peu flatteurs pour les francophones que papa lâche devant la télé, et fait le malin avec plus ou moins d’assurance pour amuser la bande. Mais ces dérapages sont loin d’être généralisés, ni acceptés.

La direction du Pukkelpop, d’abord, a clairement fait passer le message dans des communications diverses et variées, même si l’appel à la tolérance a du mal à percoler chez certains. La très grande majorité des locaux que nous croisons sur place ne nous voue aucune animosité, et certains ont même tendance à vouloir compenser les propos tenus par leurs petits camarades. « Hé, u bent welkom » nous disait encore spontanément un collègue néerlandophone dans l’espace presse, samedi soir. Nous signalant, implicitement, qu’il ne faut pas minimiser les dérapages, sans toutefois leur accorder une attention démesurée. Ce serait faire trop d'honneur à ceux qui tentent de les récupérer.