Aux Nuits Botanique: public, soyez curieux

Alors que les Nuits Botanique tirent à sa fin, Paul-Henri Wauters préfère voir le verre à moitié-plein plutôt que celui à moitié-vide.

Marie-Anne Georges
Aux Nuits Botanique: public, soyez curieux
©D.R.

Alors que les Nuits Botanique tirent à sa fin, Paul-Henri Wauters préfère voir le verre à moitié-plein plutôt que celui à moitié-vide. Insister sur le fait que 30000 tickets ont été écoulés avant le début, par exemple. Il se fait que jeudi soir, le public est quelque peu dispersé. Ce n'est pas l'affluence des grands soirs sur les marches. Même si le chapiteau est secoué par les vibes de Caballero et Jeanjass, Jazzy Bazz & Live Band et TSR Crew. A la Rotonde, on se bouscule pour le projet jazz du frontman de dEUS, Tom Barman. Du côté de l'Orangerie, par contre, le public reste clairsemé. « Nous n'avons pas réussi à rassembler autour de Steve Gunn » reconnaît le programmateur. Auparavant se produisait Imarhan, groupe de bleus rock touareg, présenté comme la nouvelle génération du genre. Meilleur sur disque que sur scène, les Algériens se sont contentés du minimum syndical, enchaînant des titres sans leur donner ce supplément d'âme qu'on attend d'une prestation live. Sur le dernier morceau, ils ont été rejoints par « leurs amis de Tucson », à savoir trois membres de XIXA, qui se produisait juste avant eux.

Au Grand Salon, le Canadien Andy Shauf a bénéficié d'une écoute polie sans particulièrement convaincre. Les subtilités de son 4e opus « The Party » (clarinette et cordes) n'étant pas mises en valeur vu la configuration des musiciens qui l'accompagnent (basse, batterie, claviers).

Depuis les attentats (Paris et la salle de spectacle « Le Bataclan » en novembre dernier, Bruxelles en mars), on aimerait dire qu'on finit par s'habituer à la présence des militaires. Ca n'est pas vraiment le cas. Quand, devant le centre culturel, leur camion effectue des manoeuvres de va et vient, obligeant la file des spectateurs à se coller contre la balustrade, ce n'est pas du meilleur effet.

Si l'on s'étonne, toujours auprès de Paul-Henri Wauters, du changement de certaines gargottes et de leur nombre plus restreint dans les jardins, celui-ci, de nouveau sur la balle, rétorque : « Oui, mais c'est meilleur. » On testera.

Un festival comme les Nuits Botanique programme en majeure partie des artistes en développement. Sempiternel constat : le public se doit d'être curieux. Eternel observation de Paul-Henri Wauters: « On n'éprouve aucune peine à remplir les salles où sont programmées des « valeurs sûres », par contre, les découvertes... » Au Botanique, ont affiché complet Jain, Flavien Berger, Ty Segall, An Pierlé, Kaytranada, Fakear, Clément Bazin, Alice On the Roof, YannTiersen et Puggy, Jack Garratt ou La Femme. Y'a pire comme références.

Au plus chaud du festival, le programmateur doit aussi être capable de gérer des annulations, parfois en toute dernière minute. Comme celui de la jeune rappeuse anglaise Little Simz. Programmée initialement au Chapiteau, la soirée hip hop qui rassemble Woodie Smalls, Senamo et Seyté (La Smala), passe à l'Orangerie pendant que Insecte, Bagarre et Flavien Berger se lancent à l'assaut du Chapiteau – de plus grande capacité. Conséquence, des tickets ont été remis en vente pour la prestation du dandy psyché Flavien Berger.

Autre paramètre à prendre en compte : la météo. Jusqu'à présent, les Nuits n'ont pas été gâtées. Pas de pluie, mais des températures qui, le soir, n'incitent pas toujours à la flânerie.