La beauté vénéneuse des champignons de Mogwai

Le groupe anglais post-rock magnifie « Atomic », son dernier CD.

N.B.
La beauté vénéneuse des champignons de Mogwai
©DR

Après « Les premiers, les derniers » de Bouli Lanners mardi, les Nuits Bota proposaient au Cirque Royal un autre ciné-concert vendredi. Mais, cette fois, c’étaient les musiciens et non le réalisateur du film qui faisaient l’affiche : Mogwai interprétait en live « Atomic », son dernier disque, qui est au départ la musique d’un documentaire réalisé par Mark Cousins pour la BBC. Les cinq membres du groupe étaient là, assis – plus rarement debout – devant l’écran géant, reproduisant quoiqu’en version modifiée leur bande sonore pendant que défilaient les images de cette évocation de trois quarts de siècle d’aventure nucléaire.

Groupe en live, mais film document assemblant des images historiques et avec de longs passages sans paroles : s’agit-il encore d’une musique qui accompagne le film, ou d’images qui servent de fond visuel au concert ? La deuxième hypothèse semble l’emporter. Surtout quand, quelque part entre Tchernobyl et Three Mile Island, le film restera quelques instants arrêté. Mogwai joue à un volume élevé, ses nouvelles compositions sont superbes et elles s'épanouissent en force. Le groupe a toutefois la pudeur de s’effacer quand il le faut : la ligne musicale se fait moins mélodique, plus discrète et presque plus bruitiste pendant qu’Enola Gay lâche sa bombe sur Hiroshima et que défilent les effroyables images de destruction et de douleur. Mais il est d’autres moments où, magnifiées par la musique, les images se révèlent superbes. Ainsi de ces très esthétisantes formations de champignons géants qui suivent une explosion nucléaire en plein désert.

Désert ? En tout cas, on veut l'espérer.