Oasis à Forest-National, événement ou pas ? Ça se discute... Quinze ans d'existence, sept albums à leurs actifs, des millions de ventes et quelques morceaux devenus des réels classiques : voilà de quoi s'assurer un très gros noyau de fans pour un long moment.

Si l'on se penche sur la discographie du groupe, le bilan est moins scintillant : deux premiers albums de feu puis un déclin qui s'est amorcé avec le troisième, "Be here now", avant de rapidement s'accélérer. Jusqu'en 2008 et la sortie de "Dig out your soul", un septième album qui, sans atteindre les sommets du milieu des années 90, renouait par moments avec l'inspiration.

Pour qui y est préparé, la forme des concerts du groupe mancunien ne laisse pas de place à la surprise : on sait le groupe statique et donc le spectacle animé par un light-show époustouflant. On sait aussi que les musiciens sont rodés et bons, voire très bons à certains moments, et que, appréciation toute personnelle qui ne fera pas plaisirs aux fans purs et durs, la voix de Liam est décidément limitée. Illustration sur le dernier morceau, après 105 minutes, qui est, sans surprise, "I'am the Walrus" des Beatles, éternelle inspiration du groupe.

Les musiciens en donnent une très belle version partiellement gâchée par l'organe vocal de Liam "Donald Duck" Gallagher. Ce n'est peut-être pas un hasard si le moment le plus prenant du concert est le tube "Don't look back in anger", chanté par le frère Noël. Du moins les couplets, puisque les refrains sont assurés par les 8 000 personnes du public. Ce n'est d'ailleurs qu'à l'occasion des tubes, tirés des premiers albums, que la prestation sort d'un certain ronron. Pour certains, cela suffit à leur bonheur; à d'autres cela paraîtra insuffisant pour faire de la formation l'un des plus grands groupes de rock de l'époque.

Un débat aussi vieux que le groupe.

© La Libre Belgique 2009