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Disque de platine pour son deuxième album, récompensé par les Victoires de la musique en 2012, Orelsan était le grand attendu de la journée. Depuis midi, les adolescents disséminés un peu partout sur le site des Francos n'avaient dieu que pour le rappeur caennais : «on est là pour voir Orelsan ». 

Dès 20h30, les abords de la scène du Village Francofou étaient déjà inondés de jeunes et (parfois) moins jeunes, prêts à réciter les paroles de rap de leur idole. Orelsan, artiste au verbe franc et aux paroles polémiques. Mais depuis quelques années, cet artiste est parvenu à asseoir sa réputation. Lorsqu'il monte sur scène, Orelsan n'a même pas besoin de chauffer son public. Il entonne ses premières chansons, le public suit naturellement. 

Le répertoire d'Orelsan, est connu du jeune public. Les bras suivent le rythme des paroles du «Chant des sirènes». Certaines d'entre elles interpellent. Orelsan n'a pas sa langue dans sa poche quand il s'agit de donner son avis sur les travers de la société. Parfois même, le rap du jeune prodige est un peu cru en témoigne sa chanson «Pour le pire».

Lorsque les musiciens d'Orelsan jouent les premières notes du tube «La terre est ronde», le public s'extasie et les moins fans peuvent enfin chanter. Pour conclure sa prestation sur un message fort, Orelsan pousse son coup de gueule avec « Suicide social ». Homos, hétéros, banquiers, ouvriers, journalistes, jeunes et vieux, toutes les franges de la société en prennent pour leur grade. 

JoeyStarr version DJ

Moins d'une heure plus tard, sur la scène voisine, c'est JoeyStarr qui s'empare des Francofolies. Le public a changé. Les (très) jeunes laissent place aux plus âgés. A 23 heures tapantes, l'ancien rappeur du groupe mythique français NTM débarque, lunettes de soleil sur le nez sa voix grave pour l'accompagner. A coups de « levez les mains en l'air! », il chauffe le public qui suit les indications et se laisse aller. 

Mais ce même public s'avère un peu surpris : «on s'attendait à écouter des chansons de JoeyStarr, mais ce n'est pas cela qui se passe sur scène, c'est de la musique électro sur laquelle un rappeur fait quelques bruits », avoue un jeune festivalier. C'est vrai qu'on a plus l'impression d'être en discothèque qu'à un concert de rap. JoeyStarr est venu accompagné de Boss Soundsystem pour un DJ Set. Sur fond de musiques électro, hip-hop et zouks, JoeyStarr pousse quelques cris qui ne s'assimilent pas vraiment au rap. Mais le public danse et semble ravi d'avoir pour la fin de soirée un dancefloor à disposition.