Multi-instrumental. Excursion country-folk samedi dernier au Cirque Royal pour les Nuits Botanique. Après une halte britannique en compagnie de Laura Marling, ce voyage à la recherche d’authenticité vire à l’americana avec Matthew Houck, alias Phosphorescent. Les fans de Iron and Wine et Bonnie "Prince" Billy retiennent leur souffle. Mais l’artiste new-yorkais s’empêtre dans une formule multi-instrumentale qui trahit sa nature fragile et solitaire. Pioché dans son avant- dernier album studio, l’imparable et délicat "Wolves" en pâtit logiquement.

Du reste, les reprises country de Willie Nelson embarrassent. Aérien, Andrew Bird marie ensuite folk rock et violon sans mièvrerie. Parfois ensoleillée d’une savoureuse pop pastorale (sur "Oh No"), cette prestation sur pattes de velours s’attarde malheureusement trop sur l’archet, omni présent. Trop évident, comme ses sifflements baladeurs.

L’incontournable songwritter de Chicago livre doucement les extraits de Noble Beast, son prolifique dernier album. Beaucoup de Jeff Buckley, une pointe d’Ed Hardcourt le volatile plane sans faute, mais sans superbe. Remplissant à ras bord la fosse du Cirque mais pas les gradins, le public, lui, est ravi de sa virée US, sincère et talentueuse. Mais pas inoubliable. (M.-H.T.)