Après les Francos de Spa cet été, la flotte de l’Amiral faisait escale à Bruxelles ce vendredi 18 novembre.

En 2016, Polnareff sur scène, c’est une grosse production, un son énorme (« Ophélie flagrants des lits », « Tam-Tam », « Dans la rue »), des jeux de lumières somptueux et des titres à l’épreuve du temps. Il n’en aura pas fallu plus de deux au chanteur pour mettre Forest National dans sa poche. Après « Je suis un homme » en guise d’ouverture, « La poupée qui fait non » a mis tout le monde d’accord. Il en ira de même pour le final avec les incontournables « Tout, tout pour ma chérie » et « On ira tous au paradis ». Et quand l’ambiance n’est pas assez chaude à son goût, l’Amiral se montrera provocateur comme il sait si bien le faire, à grands coups de « J’en ai marre de jouer devant des gens qui restent assis » qui font mouche.

Un doigt d’honneur à ses détracteurs

En 2016, Michel Polnareff ça reste avant tout et surtout un pianiste hors pair et une voix magistrale. L’artiste le sait et le fait savoir quand il adresse un doigt d’honneur (« Un seul, est-ce suffisant ? », demande-t-il au public de Forest National) à ses détracteurs, ceux qui sur les réseaux sociaux affirment qu’il est mort, qu’il n’est plus capable de monter dans les aigus comme à l’époque. La preuve par la voix, il enchaîne avec une somptueuse version de «Sous quelle étoile suis-je né ?». Il remettra le couvert à plusieurs reprises, notamment en fin de concert avec l’irrésistible «Holidays».

Magistral

Mais c’est lorsqu’il est derrière son piano à queue que Polnareff sort le plus grand jeu. Comment résister à « L’homme qui pleurait des larmes de verre », « Qui a tué Grand’Maman » et « Kâma-Sutrâ ». Enfin, il y a ces instants hors du temps qui vous transportent. La douceur craquante d’une « Lettre à France » épurée, un magistral « Bal des Laze » réorchestré sur un rythme martial et l’éternelle beauté de «Goodbye Marylou».

A Forest, rien de nouveau

Bien entouré par des musiciens de haut vol et les magnifiques voix de ses choristes, deux heures durant, l’Amiral a livré une très belle prestation devant un public qui n’a pas que l’âge de ses albums et qui vient de loin, de très loin pour le voir. Comme ces sept Japonais venus spécialement en Europe pour le voir à Bruxelles et à Lille !

En revanche, pas de nouveaux titres à l’horizon si ce n’est « L’homme en rouge » interprété en milieu de set. On attendra donc encore le nouveau disque annoncé mais sans cesse repoussé...