L’aventure aurait pu en rester là. Fondé en 2002, sur les bancs de l’université de Staffordshire, les Anglais de The Editors aurait sorti trois albums - "The Back Room", "An End has a Start" et "In this Light and on This Evening" - et, suite au départ, en 2012, de l’un de ses membres fondateurs, le guitariste Chris Urbanowicz, le groupe aurait splitté. Pourtant la même année, ils sont bookés à Werchter. "Je voulais annuler", se souvient Tom Smith, chanteur et guitariste de la formation. " On a quand même décidé de se présenter. On avait convié Justin Lockey et Elliott Williams qui ont, par la suite, fait partie du groupe et avec lesquels on a enregistré "The Weight of your Love", continue le bassiste Russell Leetch. Tom Smith poursuit : "On a eu un tellement chouette retour de notre prestation qu’on a décidé d’avancer et de nous lancer dans la réalisation d’un 4e album". Tout émoustillé, il lance même : Notre relation avec le festival de Werchter et la Belgique est exceptionnelle". A un point tel qu’ils clôtureront dimanche l’édition 2013 !

"The Weight of your Love", tel est donc le titre de ce nouvel opus. Lourd à porter! Quand "An End has a Start" était hanté par la peur de la mort, voici l’amour, mais pas dans une vision romantique des choses. "Plutôt relater les choses qui ne vont pas", confie Tom Smith, auteur des textes, qui trouve davantage d’inspiration en abordant la déglingue de ce sentiment plutôt que son côté niais. "A ce titre, "Formaldehyde" est une chanson d’amour même si, à première vue, on ne le dirait pas. La chanson parle de l’expérience d’une artiste qui découpe des corps, les étale et tente ainsi de démontrer scientifiquement ce qu’est l’amour. Il faut le comprendre comme quelqu’un qui se donne à l’autre. "Je suis à vous, si vous avez envie de me découper, faites ce que vous voulez". Tant que cela reste au niveau de l’intention...

Musicalement, The Editors a voulu découvrir de nouvelles voies. C’est sans doute une des raisons qui a poussé Chris à quitter la formation. "Nous avons voulu simplifier les choses. Avant, nous avions tendance à les compliquer. Comme pour "In this Light and on this Evening", un album introverti et expérimental avec tous ces synthés. Ici, quand on voulait des cordes, on en mettait et si on optait pour des chœurs, cela ne nous faisait pas peur." Ces options, ils considèrent avoir pu les prendre grâce à l’aide du producteur Jacquire King (Kings of Leon). Là où Tom et Russel se sentent libérés, on émettra quelques réserves, croisant trop souvent des hymnes, comme du "prêt à chanter" pour les stades. "On a toujours eu cela dans notre musique, se défend Tom. Maintenant, c’est sans doute dû au fait que chaque musicien a bénéficié de plus d’espace. Chris avait une vue très précise de ce qu’il voulait faire et sans doute que cela nous bridait."

Une autre nouveauté - et surprise - de cette livraison tient dans la voix de falsetto que Tom prend, notamment sur "What is this Thing called Love", à un point tel que lors d’une première écoute, certains avaient cru à une nouvelle recrue ! Pourquoi s’être essayé à cette technique vocale ? "Pourquoi pas? j’ai dit que je voulais chanter comme Mariah Carey (rires). Il n’y a pas de raison précise. J’ai posé ma voix dans différents espaces et voilà ce que cela a donné" explique Tom, confiant dans la foulée aimer la chanson "Tongue" que Michael Stipe chante sur l’album "Monster" de REM "et qui vous prend par surprise". En l’occurrence l’objectif est atteint !