Pukkelpop

Toujours fièrement installé en campagne limbourgeoise, le Pukkelpop célèbre sa 30e édition ce jeudi. Quelque part entre l'exigence éclectique et pointue du Dour Festival et le gigantisme de Rock Werchter. Un commentaire de Nicolas Capart.

Trente ans et toutes ses dents ! Ou presque. C’est vrai, la grand-messe musicale limbourgeoise en a malgré tout perdu quelques-unes en chemin depuis 1985… Deux décès coup sur coup en 2010 (celui de Michael Been, ingé-son et père du bassiste de Black Rebel Motorcycle Club, et le suicide de Charles Haddon, chanteur du groupe Où Est Le Swimming Pool ?), et cette tempête aux tristes conséquences lors de l’édition suivante (cinq morts). Mais de cela, même si ce n’était pas gagné, le Pukkel s’est relevé, sans faiblir, et arbore toujours cet infaillible sourire. Comme à son habitude, il est le dernier grand rendez-vous musical de l’été belge des festivals, l’ultime étape majeure avant le repos mérité. La récompense des étudiants studieux aussi (lire : sans seconde session), et l’occasion de goûter en primeur aux nouveautés annoncées pour la rentrée.

Le gros de la saison 2015 est déjà derrière nous. Et l’on peut, déjà, établir quelques ersatz de constats. Le géant flamand Rock Werchter, bien que toujours conquérant, a néanmoins connu le couac Dave Grohl et n’a pu fermer ses guichets des semaines à l’avance comme d’accoutumée. S’il n’a pas marqué artistiquement, le Bruxellois Couleur Café - dont la trésorerie est plus que jamais en péril - boit moins la tasse que prévu mais poursuit sa dégringolade avec une affluence de 68 000 festivaliers (face aux 72 000 de 2014 et surtout aux 82 000 de 2013). Les Ardentes liégeoises, en dépit d’un superbe cru, ont perdu quelque 12 000 festivaliers par rapport au record de l’été précédent. Tomorrowland ressasse mais plafonne et cartonne, et l’on attend avec impatience l’annonce d’une prochaine édition sur la Lune. Enfin, le Dour Festival explosait ses chiffres avec une excellente mouture et près de 230 000 visiteurs cumulés cette année. Très proche de ce dernier dans l’esprit (mais pas au niveau des moyens), le Pukkel pourrait, lui aussi, revendiquer une place de choix sur le podium festivalier cet été. Car, en dépit de ses têtes d’affiche 90’s ringardes (Linkin Park, Limp Bizkit, Offspring), le menu 2015 se révèle malgré tout assez relevé.