Musique & Festivals Inhabituel pour le festival de musique de chambre : une œuvre de Verdi marque la soirée.

En dehors de ses opéras, Verdi a peu composé : le Requiem bien sûr, l’une ou l’autre compositions de musique sacrée, quelques mélodies et… un quatuor à cordes. Il était la clé de voûte des concerts donnés en l’abbaye de Stavelot par le quatuor Armida, jeune formation allemande ainsi nommée par référence à la magicienne Armide. Le rapport ? Ténu, mais qu’importe : divers compositeurs ont fait d’Armide l’héroïne d’un de leurs opéras. Et, parmi eux, Haydn, père du quatuor à cordes.

Fondé en 2006 et basé à Berlin, le quatuor Armida avait été choisi pour ouvrir les concerts du soir de cette 62e saison du festival de Stavelot sur la recommandation expresse d’un autre habitué des lieux : le violoniste Tobias Feldmann. Et le reste de leur programme, d’apparence plus traditionnelle pour les stucs du réfectoire des moines, était constitué de premières in loco (le Festival s’emploie à "boucher ses trous", en programmant des œuvres qui ne l’ont jamais été avant) : un quatuor de jeunesse de Schubert (le D. 87 en mi bémol majeur), la Grande fugue de Beethoven ainsi que des Variations et double fugue sur un thème d’Arnold Schoenberg, du compositeur tchèque Viktor Ullman, mort en 1944 à Auschwitz.

Problème de pédale

C’est dans Verdi que les Allemands se seront montrés les plus convaincants. La soirée de mardi avait, il est vrai, commencé dans une certaine nervosité : les quatre musiciens ont leur partition sur des tablettes commandées par des pédales (qui ressemblent à des pédales d’effets de guitares électriques !) et, au moment de démarrer Schubert, celle du premier violon ne répondait plus. L’accord des quatre instruments ne fut du coup pas parfait, les attaques du leader furent plus d’une fois imprécises et le tout laissa un goût d’imperfection auquel Stavelot ne nous a pas habitués. Même sentiment dans une Grande Fugue à la brutalité un peu exagérée et du coup parfois plus cacophonique que polyphonique. Il y eut heureusement plus de douceur et de raffinement dans la pièce d’Ullman (même si elle n’a rien d’exceptionnel) et, en bis, un beau tango mêlant traits d’archet et pizzicati, composé spécialement pour les Armida par un compositeur resté anonyme.


>>> Prochains concerts du soir : Quatuor Voce et Hélène Desaint (le 2 et le 3), Tobias Feldman en trio à cordes (le 6 et le 7) ; www.lesfestivalsdewallonie.be